Nous avons longuement moqué les dérives puritaines américaines. Les harakiri Japonais et leur cérémonial d’un autre temps. Les parodies de dictatures bananières. Nous avons bien ri, nous nous sommes bien moqués. Et voilà, que surgit une Ubérisation qu’on n’attendait pas, celle de la vertu, la dictature du politiquement correct, la fin de l’interdiction d’interdire. Sous la plage, on retrouve les pavés, le ciment. Fini l’exotisme ou le libertinage à la française, tout devient politiquement incorrect, y compris l’intelligence. C’est consternant. Chacun s’attache à dire que nous dérivons vers la guimauve intellectuelle, sous le joug des féministes extrémistes, des djihadistes terroristes, des athéistes de tous poils et en clair de la connerie érigée en dogme. Tout le monde se lamente de ce que Coluche ne pourrait plus dire 30% de ce qu’il disait sur les Juifs, les arabes, les immigrés, les belges, les flics…mais tout le monde sacrifie à la bien-pensance.

Il reste une poche de résistance, les entrepreneurs. La dernière bulle d’oxygène, la dernière goutte de liberté, est contenue dans l’ADN de celle ou celui qui entreprend, et pour qui la liberté reste l’objectif ultime d’une vie humaine. Alors je ne vais pas me priver…. !!

Benjamin Grivaux devait il démissionner ? NON ! Kevin Spacey devait-il être interdit de film avant même d’être mené en justice ? NON. Harvey Weinstein devait-il être déchu avant son procès ? NON. Peut-on critiquer la religion Musulmane dans sa version intégriste, et les dérives communautaires, sans être raciste pour autant ? OUI, c’est même indispensable. Doit-on subir Elise Lucet sur France TV dans son combat pour faire passer toute entreprise pour un complot terroriste ? NON, même si une fois sur 1000, elle a raison (travail des enfants des géants de la téléphonie qui nous vendent à 1000€ un téléphone gorgé du sang d’enfants mineurs). Dont on laisser Zemmour à l’antenne ? Oui. Je m’arrête là mais la liste serait longue.

Suis-je devenu misogyne, sexiste, raciste, xénophobe, libertaire même ? NON !! Simplement, la vie humaine n’a plus de signification, si elle est basée sur l’ânonnement d’une norme, d’un dogme fabriqué, par la « vindicte » populaire, les réseaux sociaux sous influence, sous forme de prêt à porter intellectuel imposé à toute la société. Sinon, revenons au communisme, imposons l’uniforme et la pensée unique, greffons aux enfants une puce interdisant la diversité et l’impertinence, et mourrons à petit feu, en bon soldat, sans avoir jamais rien fait dépasser du cadre, de toute nos vies. Le mauvais jeu de mot, la blague sexiste, le blasphème sont les maux nécessaires à la révélation de la vertu. La beauté vient de son triomphe sur le laid, pas de la disparition de la laideur. Le bien n’a d’intérêt à triompher, que s’il a un combat à mener, pas si la vérité devient un code barre qui fait office de programmation du cerveau humain. Si nous ne pouvons plus souffrir la liberté, continuons alors à tuer la planète, car elle n’aura plus d’hommes à héberger, mais des semblants d’hommes. De pâles copies, aseptisées, qui feront honte à 3 millions d’années d’évolution. Autant remarcher à 4 pattes ou laisser notre « race animale » s’éteindre, que de souffrir cet affront à l’intelligence. Qui d’ailleurs détient la vérité qui basera le code, le dogme, la vérité, le correct ?

Sur l’épisode Griveaux, qui n’aura pas survécu à être grivois, c’est toute la bien-pensance qui l’emporte sur la spécificité du genre humain. L’homme politique est un homme imparfait comme les autres. Si vous devez supprimer de la politique française les politiques infidèles qui ont des aventures, il faudra faire démissionner rétroactivement tous les Présidents français des 5 dernières Républiques, et vraisemblablement 80% de la classe politique tout court. Si comme moi, vous connaissez plus de 100 politiques, vous savez que l’immense majorité ont une vie « non rangée ». Arrêtons ce cirque. Et je le dis d’autant plus que je n’ai aucune amitié, ni même tentation de vote pour Griveaux, qui pour moi faisait de la politique à l’ancienne, bien loin des promesses réformatrices Macronienne de la vie politique française.

On le sanctionne, non pour avoir fait, mais pour avoir été pris. C’est la dictature de l’internet, de l’information à sensation, du caniveau, et céder à ce terrorisme électronique, c’est prouver que si le phone est devenu « smart », les hommes sont devenus « débiles ». Céder, faire un précédent, c’est mettre fin à la démocratie, celle qui ne doit punir et interdire, que ce qui est déclaré dans la loi comme interdit ou incompatible.

Je suis un entrepreneur du digital. Il avait été inventé pour libérer. L’information ouverte et vérifiable, la parole des minorités, la formation et l’éducation. Il pouvait protéger des dictatures, des injustices en éclairant le monde. Il pouvait dénoncer les scandales, les vrais, et pousser à plus de respect. Il devient une prison sombre, qui impose au monde un code de conduite unique et nie la diversité. Tout le contraire de son objectif. Frankenstein a été dépassé par sa créature. Au secours !!
Denis Jacquet