Benedetta », où Virginie Efira incarne une nonne lesbienne, divise déjà la France

Le Festival de Cannes ouvre ses portes après deux d’absence. Parmi eux, Benedetta, réalisé par Paul Verhoeven, avec Virginie Efira en tête d’affiche. Adaptation du roman Sœur Benedetta, entre sainte et lesbienne, de Judith C. Brown, ce film est inspiré de faits réels. Il revient sur le vécu de Benedetta Carlini qui, au XVIIe siècle, rejoint le couvent de Pescia, dans la région italienne de Toscane. Son arrivée au sein de cette nouvelle communauté va bouleverser la vie des sœurs puisqu’elle va être soupçonnée d’avoir des relations sexuelles avec une autre nonne. Après enquête, les autorités du couvent vont finir par arrêter sœur Benedetta pour homosexualité.

Un théâtre du grotesque

 

Sœur Benedetta va aussi résister au nonce, sorte de pacha inquisiteur, qui instruit un procès en blasphème. Pour Verhoeven, la société (quelle que soit l’époque) est un théâtre du grotesque où personne n’est dupe mais où tout le monde joue la comédie. Après tout, « qui décide de ce qu’est la volonté de Dieu ? », est-il assené. Un vrai jeu de massacre, accentué par des dialogues tantôt aiguisés comme des poignards, tantôt d’une incroyable drôlerie. Jésus peut décapiter frénétiquement des serpents menaçants avec un glaive, comme dans un péplum. La (fausse ?) prophétesse balance parfois ses oracles sous une lumière digne des séries Z italiennes des années 70. Doux Jésus, à ne pas mettre devant tous les yeux !

Céline Mael