Le virus nous pousse à voter vers les extrêmes. C’est ce que l’Histoire du XXème siècle nous apprend. Une maladie inconnue venue de loin peut-elle alimenter la peur et la méfiance envers les étrangers ?

 

D’après une étude de la Réserve fédérale de New York, après l’épidémie de grippe espagnole, le vote en faveur du parti nazi en Allemagne a augmenté de façon beaucoup plus marquée là où la grippe avait frappé le plus fort, à taux de chômage et niveaux de salaire égaux, quinze années auparavant.

 

La corrélation n’est pas donc pas immédiate. Elle est en tout cas plutôt lente à se mettre en place. En Allemagne, les années 1918-1920 et l’après-guerre touché par la crise économique et sanitaire, ont conditionné la composition démographique de l’électorat au début des années 1930. La dépression de 1929, le chômage, le fardeau de la dette établi par le traité de paix et les années d’hyperinflation ont rendu ces populations fragiles.

Malgré cela, à niveau de chômage et salaire constants, le succès du parti pro nazi a différé selon les régions allemandes et cela s’expliquerait, selon l’étude, par la violence de l’épidémie de grippe quinze années auparavant.

 

L’explication serait principalement psychologique : la peur de l’autre, de l’étranger qui porterait le nouveau mal. D’une certaine manière, le scénario ne change pas : aujourd’hui, la responsabilité probable de la Chine dans la diffusion du coronavirus a engendré une peur des Occidentaux à l’égard des Asiatiques. Les partis politiques qui prôneront une réduction des échanges avec la Chine, les moins mondialistes et les plus extrêmes, se trouveront galvanisés par cette peur. Et auront plus de succès. L’histoire pourrait donc encore se répéter.

Gertrude benamou