Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian l’a qualifié de « coup de poignard dans le dos » qui constituait « un comportement inacceptable entre alliés et partenaires ».

Et dans une mesure pratiquement sans précédent parmi les alliés, le président français Emmanuel Macron a ordonné le rappel des ambassadeurs de France à Washington et à Canberra.

 

Paris est en colère après que l’Australie a signé le pacte d’Aukus pour construire des sous-marins à propulsion nucléaire, retirant ainsi un contrat majeur avec la France.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a déclaré que la France n’avait rien à craindre de l’accord.

Mais la réunion de Florence Parly avec le secrétaire britannique à la Défense Ben Wallace à Londres cette semaine a été annulée.

Lord Ricketts, ancien ambassadeur britannique en France qui devait coprésider les deux jours de pourparlers, a confirmé que la réunion avait été « reportée à une date ultérieure ».

Quel était l’enjeu pour la France ? 

Il est double. Il est d’abord diplomatique et géopolitique : Emmanuel Macron tentait avec cette opération de renforcer la présence française dans cette même zone indo-pacifique, à travers des partenariats avec l’Inde et l’Australie et dont ce contrat constituait l’un des éléments principaux face aux ambitions chinoises dans la région.

Il est ensuite économique : l’accord-cadre prévoyait la construction, par Naval Group (implantée dans une dizaine de villes françaises), de 12 sous-marins à propulsion conventionnelle de classe Attack, conçus à partir des sous-marins nucléaires d’attaque français Barracuda. Le coût global du programme, qualifié de « contrat du siècle » pour l’industrie de la défense en France, s’élevait à 50 milliards de dollars australiens, soit environ 31 milliards d’euros, même si les bâtiments devaient être construits sur place, avec 60% du montant devant être dépensé sur place et l’embauche d’employés locaux.

Hélène Samson