Dans un rapport partagé jeudi 3 décembre, les experts du Réseau de Prévention des Crises alimentaires (RPCA) et du club Sahel de l’OCDE alertent : l’Afrique de l’Ouest connaît une grave crise alimentaire, plus de 17 millions de personnes ont actuellement besoin d’une aide alimentaire d’urgence

Les experts anticipent une dégradation de la situation, portant le nombre d’affamées à 24 millions en Afrique de l’Ouest entre juin et août 2021. Au Nigéria seulement, 12,9 millions de personnes pourraient être menacées par la faim l’été prochain, contre 9,2 millions actuellement, suivi par le Burkina Faso avec 2,7 millions de personnes susceptibles de connaître le même sort (contre 2 millions aujourd’hui). Une épée de Damoclès qui pèse au-dessus de ces zones, tandis que la situation sécuritaire ne s’améliore pas.

 Dans ces régions, le jihadisme crée des milliers de déplacés. Ces personnes ont abandonné leur mode de vie, quelques fois leur maigre bétail ou cultures et se retrouvent ainsi sans moyens de subsistance. « Le jihadisme a créé quatre millions de déplacés et cela ne fait qu’augmenter, les zones d’attaques armées augmentent chaque jour», a indiqué à l’AFP Sy Martial Traore, responsable de la sécurité alimentaire pour le Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILLS). Rien qu’au Nigeria, pourtant la première puissance économique du continent africain, plus de 9 millions de personnes ne mangent pas quotidiennement à leur faim, sur une population de 195 millions..

Les conséquences de la crise sanitaire mondiale

Crise phare de l’année 2020, la pandémie de la Covid-19 touche le continent africain d’une manière singulière. Plutôt épargnée en termes de mortalité, l’Afrique est frappée de plein fouet par les conséquences des quarantaines et des fermetures imposées dans le monde entier. Pour ces pays exportateurs de quelques matières premières et importateurs de produits transformés, les chaînes d’approvisionnement ont été bousculées. Par exemple, le riz importé d’Inde ou de Thaïlande s’est raréfié et les prix de la céréale ont augmenté de plus de 30% au Nigeria.

Sahara Cohen