En raison de l’épidémie de COVID-19, les élections régionales seront probablement repoussées de mars 2021 à juin 2021. Ces élections marqueront la fin d’un mandat régional commencé en décembre 2015 et qui fut l’objet d’importantes réformes institutionnelles engagées par l’Etat. En particulier, la carte des régions métropolitaines a été remodelée, passant de 22 à 13 régions au 1er janvier 2016 ; de nouvelles compétences en matière de transports ont été transférées aux régions en 2017 et l’année 2020 a vu la réduction de leur compétence en matière d’apprentissage.

DBRS Morningstar considère que les régions ont non seulement bien absorbé ces évolutions institutionnelles mais que la plupart d’entre elles ont aussi renforcé leur situation financière au travers d’une consolidation budgétaire.

Celle-ci a été possible grâce notamment à une maîtrise forte de leurs dépenses de fonctionnement par les régions, mais aussi à un pilotage budgétaire renforcé. Les régions françaises ont ainsi été en mesure d’accroître leur épargne brute de 35% entre 2015 et 2019, contre environ 25% pour l’ensemble des collectivités locales françaises. « Pendant cette période, quatre régions ont augmenté leur épargne brute en valeur de plus de 50% », précise Mehdi Fadli, Vice-Président chez DBRS Morningstar.

L’effort d’investissement, hors gestion des fonds européens, est également resté élevé durant la période. En moyenne, les dépenses d’investissement des régions ont atteint 8,6 milliards d’euros par an entre 2016 et 2019, soit 1% de plus qu’entre 2010 et 2015, un niveau représentant près du tiers de leurs dépenses totales. Six régions ont été en mesure d’accroître leur effort d’investissement annuel moyen de plus de 6% durant ce mandat.

Grâce à l’amélioration de leur épargne brute, la majorité des régions françaises ont ainsi maintenu un effort d’investissement élevé tout en limitant leur recours à la dette. L’encours de dette à long terme des régions a augmenté de 3% par an en moyenne entre 2015 et 2019, contre 7% par an lors du mandat précédent. Certaines régions ont même été en mesure de réduire légèrement leur dette entre 2016 et 2019. « Les régions françaises ont été capables de garder de très bons ratios d’endettement au cours des quatre dernières années. Leurs fondamentaux sont solides à l’orée d’un nouveau mandat qui devra faire face aux conséquences sociales, économiques et financières de l’épidémie de COVID-19 », conclut Nicolas Fintzel, Vice-Président chez DBRS Morningstar*.

*https://www.dbrsmorningstar.com/research/370425/how-french-regions-finances-stand-ahead-of-the-2021-regional-elections