Quelques jours seulement après une introduction en bourse triomphale aux États-Unis, Didi, le Uber chinois, se retrouve en mauvaise passe avec l’administration de son pays. La Chine serait-elle en train de se tirer une balle dans le pied ?

L’organisme de réglementation accuse l’application de covoiturage de collecter illégalement les informations personnelles des utilisateurs et a ordonné son retrait des plateformes d’applications chinoises. Cette décision n’affectera pas les utilisateurs actuels.

Dans un communiqué, Didi a prévenu que le retrait de l’application aurait des conséquences négatives sur ses activités, mais a également précisé que la société s’efforcera de rectifier tout problème, d’améliorer la sensibilisation à la prévention des risques et de protéger la vie privée des utilisateurs et la sécurité des données.

Didi recueille et conserve quotidiennement de grandes quantités de données, notamment des adresses, des contacts téléphoniques et des enregistrements audio de trajets en voiture.

Il s’agit de la plus grande application de covoiturage de Chine, avec plus de 377 millions d’utilisateurs et 13 millions de conducteurs. Elle est également présente dans 15 autres pays.

Alors ce n’est pas la première entreprise technologique chinoise à se heurter à la régulation chinoise. Pékin a pris des mesures de répression à l’encontre de ce secteur – une mesure qui, selon certains analystes, aurait des motivations politiques. Didi s’est tournée du côté des Etats-Unis pour lever des fonds, ce que la Chine n’accepte pas.

Isabelle Bernard