C’est la plus grosse faillite depuis le début de l’épidémie au Royaume-Uni. Elle touche un géant du prêt à porter, l’entreprise Arcadia qui possède des marques comme Topshop, Mss Selfridges, Burton ou Wallis. Du moyenne gamme à qualité moyenne et à portée de toutes les bourses. Ce dépôt de bilan laisse 13 000 employés dans l’incertitude et ses 444 magasins, même si la quasi-totalité sont situées outre-Manche. Les marques vont en fait être revendues à qui voudra bien les acheter. Elles peuvent être ainsi découpées ou remodelées.

Topshop, c’était pourtant une belle histoire puisque son fondateur, Philip Green, par ce qu’il a accompli a été anobli par la Reine en 2006. Il est devenu un grand visage du capitalisme au Royaume-Uni mais il s’est aussi brûlé les ailes. Le succès lui est monté à la tête, on lui prête des dépenses fantasques comme l’achat d’un Monopoly en or, et surtout une gestion calamiteuse des évolutions dues à la modernité. Ainsi, Topshop a pris un retard considérable sur des groupes comme Zara, l’espagnol ou H&M le suédois, parce que l’entreprise a été incapable d’investir, notamment dans le digital.

Pour couronner le tout, Philip Greene avait fait face fin 2018 à des accusations de racisme et de harcèlement sexuel de plusieurs employés.

 

Topshop bientôt fermé ? C’est tout le prêt-à-porter qui se trouve dans une situation délicate aujourd’hui. Gap avait annoncé il y a quelques mois la fermeture de toutes ses boutiques en Europe d’ici 2021. Et même H&M va fermer 250 magasins dans le monde entier. La fast fashion ne fait plus recette.

Sahara Cohen