La Grande Armée napoléonienne, à son apogée, a été composée jusqu’à 20% de contingents étrangers en temps de guerre. Une armée européenne avant l’heure, constituée d’hommes récupérés lors des campagnes.

Ils étaient nombreux, les Helvètes, à être partis faire les campagnes d’Italie, d’Egypte ou de Russie. Des milliers, diront certains. Aujourd’hui, certains registres administratifs permettent d’éclairer la vérité. Certains noms d’illustres soldats helvètes ont même leur nom inscrit sur l’Arc de Triomphe.

Les régions du Léman, comme celle de Bienne, étaient, à l’époque, rattachées à l’Empire et les hommes issues de ces régions obligés à la conscription. C’était environ 18 000 hommes qui sont laissés à l’Empire dans les années 1798. 20% ne seraient jamais revenus des campagnes russes ou polonaises, les plus dures de la conquête napoléonienne.

Les militaires français traversant des terres occupées, faisaient des maraudes, en belles tenues et les poches pleines, afin de récupérer de nouvelles recrues. Napoléon savait faire en sorte que son armée soit remerciée, la solde était plutôt généreuse.

Jusqu’à la fin de l’Empire, on se souviendra d’un « bataillon de confédérés », qui tente le tout pour le tout à Waterloo, en essayant de prendre un dernier pont aux Prussiens. Ils n’auront pas réussi à sauver la bataille, mais leur apport, au cours de toutes ces années, aura été considérable.

Salomon Amiel