L’Iran est présente dans l’actualité par ses négociations avec l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique. Mais, les réelles préoccupations du pouvoir sont ailleurs.

Dans la bataille du Covid-19, le bilan officiel mentionne plus de 22.000 morts.  Mohammad Reza Mahboubfar, ancien membre du groupe de travail contre le virus a déclaré que « les statistiques officielles n’étaient pas fiables ». Les statistiques des réseaux du CNRI (Conseil National de la Résistance Iranienne) font état de 98.900 décès. Elles s’appuient sur les informations d’hôpitaux et morgues de 410 villes. Le Président Rohani a demandé aux iraniens de donner priorité au travail, au détriment du sanitaire. Le coût va être élevé. Le régime sera tenu pour responsable.

La situation économique est très difficile. Le Guide Suprême a déclaré « Entre les demandes de la population et la stratégie de la République Islamique, je choisirai toujours la stratégie ». Cela veut dire priorité aux dépenses des 150.000 Gardiens de la Révolution, à l’onéreux programme de missiles, aux dépenses nucléaires, et au soutien financier et militaire, au Liban, à la Syrie, à l’Irak, au Yémen. L’inflation annuelle de 20 à 30% ronge salaires et niveau de vie.

En 1979, l’Iran produisait presque 6 Millions de barils de pétrole par jour, pour 40 millions d’habitants. Actuellement, moins de 3 millions, pour plus de 80 millions d’iraniens. Ce ne sont pas les sanctions américaines depuis 2018, qui sont en cause, mais les priorités du régime depuis 1979.

Ces tensions économiques atteignent la relation du peuple avec la hiérarchie religieuse. Dès 2018 l’ayatollah Javadi Amoli chargé de la prière du vendredi dans la grande ville de Qom déclarait : « Si la nation se soulève, nous serons tous jetés à la mer ». En Août 2019, les mollahs Mohammad Yazdi et Sadeq Larijani, ancien chef du système judiciaire, et tête du Conseil du discernement, ont chacun publié une lettre où ils s’accusaient mutuellement de corruption et de détournement de fonds. Les rivalités se développent à l’intérieur du régime religieux.

Enfin, les investissements consentis par l’Iran dans sa volonté de domination régionale du Liban au Yémen, sont battus en brèche. Dans les rues de Beyrouth, et surtout de Bagdad retentit maintenant le cri « Iran dehors ». L’arc chiite patiemment construit est aussi en déclin.

Comme l’a déclaré l’ancien président de l’Assemblée Nationale, Nategh Nouri : « le problème n’est pas l’accord nucléaire, mais de savoir comment nous allons rester au pouvoir »…..