Le Sénat a eu à débattre d’une loi visant à instaurer une « assistance médicalisée active à mourir ». Il faudrait pouvoir donner la mort à « toute personne en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable lui infligeant une souffrance physique ou psychique », autrement dit autoriser l’euthanasie pour ceux, parce que malades, auraient perdu leur dignité d’être vivant.

Avec ce texte, le Législateur se trouve face à un terrible dilemme : accepter l’encadrement de la vie jusqu’à la mort ou conserver intacte la « sacralité » de celle-ci. Sa propre souffrance, celle de ceux qu’on aime sont intolérables, que les médias, les sondages, les exemples, toujours extrêmes, méritent moins de passion et plus de compassion. A l’heure où, étrange paradoxe, les soignants se battent pour sauver des malades de la Covid, on voudrait que l’euthanasie soit une juste solution.

Je choisis au contraire de protéger mes concitoyens, en particulier les plus faibles : celui qui n’en peut plus et qui va se jeter d’un pont, je préfère le retenir plutôt que le pousser. La mort fait partie de la vie, il faut l’accepter, mais là encore laissons la nature faire. Nous devons d’abord soigner et apaiser, les médecins sont là pour cela pas pour assister la mort !

Notre civilisation ne saurait en revanche s’affranchir du devoir impératif d’assistance aux malades en fin de vie. Ils méritent la plus grande protection, plutôt que le dépit. La loi Léonetti-Claeys sur les soins palliatifs est bien prévue pour cela et doit s’appliquer partout en France, avec ce souci d’humanité qui caractérise tous ceux qui depuis près de 40 ans s’y emploient. Allons plus loin dans ce sens plutôt que d’aller nulle part…

Jérôme Bascher

Sénateur de l’Oise (Hautes-de-France)