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La petite cantate que Bach à composée sur le sujet nous ramène au temps où le café, pour le moins, concurrençait la bière de Prusse et, au pire, faisait craindre la stérilité.
En cause, les fèves d’un arbuste d’Abyssinie, nom ancien des hauts plateaux de l’Éthiopie où vivait, au 8e siècle, le berger Khaldi dont les chèvres, broutant des feuillages à drupes rouges, se trouvaient en état d’agitation. Les graines revigorantes allaient devenir, dans tout le Moyen-Orient, à l’origine du fameux k’hawah que l’islam ne proscrit pas, le redoutant moins que l’alcool.

Un médecin allemand, Léonhardt Rauwolf, de retour du voyage en 1583, fait découvrir le breuvage « couleur d’encre » que les marchands vénitiens vont répandre en Europe car il permet de veiller longtemps tout en gardant l’esprit clair. Des cafés ouvrent et ce sont des lieux appréciés des musiciens et penseurs : au café Zimmer à Leipzig, Telemann organise des concerts et le café Procope à Paris est fréquenté par les encyclopédistes… Les moines l’adoptèrent, la papauté ne le condamnant pas. Il a été pour nombre d’artistes une sorte de « carburant » : Balzac, dans l’écriture de « La Comédie humaine », évitait la somnolence par la proximité d’avec son non moins illustre cafetier et l’apparition de nouvelles idées, pour Beethoven, Proust, Gustav Mahler ou Glenn Gould était favorisé par le puissant alcaloïde.

Pourtant, le prolifique Honoré ne manquait pas de dire que « beaucoup de gens accordent au café le pouvoir de donner de l’esprit mais tout le monde peut vérifier que les ennuyeux ennuient bien davantage après en avoir bu ».
– Combien sommes-nous à en boire ? Sont recensées 2,25 milliards de tasses consommées chaque jour, représentant le poids économique considérable de 10 à 15 milliards $ selon les années.
Ses effets sur la santé, assez peu évoqués, portent sur le système nerveux latine, Afrique de l’Ouest, Indonésie avec un nouveau venu, le Vietnam et ce sont 25 millions de personnes qui vivent de sa récolte.

Mais que pouvait bien chanter M. Schlendrian (basse) à sa fille Lieschen (soprano) pour l’empêcher de boire du café .
– « Schweigt still, plaudert nicht ! » Taisez-vous, ne bavardez pas ! Et Lieschen d’ajouter qu’elle épousera celui qui la laissera boire une ou deux tasses de café tous les jours. par son taux de caféine, un excitant présent dans le robusta plus que dans l’arabica. Les pays producteurs se concentrent en Amérique.

D. F