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L’armée française face aux défis d’une guerre de «haute intensité» Par Olivier Renault

Les politiques et les experts militaires français se posent des questions sur les capacités militaires de la France. Le conflit en Ukraine et les menaces terroristes tout comme l’incapacité de l’armée française à pacifier la zone du Sahel obligent ces personnalités à revoir la stratégie militaire de la France sur sa capacité en armes et munitions mais aussi sur sa coopération avec des Etats ayant pourtant été réputés comme des partenaires fiables allant même à former comme avec l’Allemagne, le fameux couple franco-allemand. «Les moyens du dispositif militaire français sont-ils proportionnés pour mener de front notre action antiterroriste au Sahel et la défense du flanc est de l’Europe?», se demandent-ils. 

Le couple franco-allemand ne marche pas et menace la défense française. Joël Barre, Délégué général pour l’armement a fait l’état des lieux lors d’une audition à la commission de la défense de l’Assemblée nationale en juillet dernier. Le compte rendu a été publié ce 10 août sur Twitter. Tout d’abord, Joël Barre confirme ce qu’Observateur Continental avait déjà analysé dans ses articles sur les projets SCAF et MGCS. Titrant, «Le nouveau char franco-allemand sous la direction politique de l’Allemagne», Observateur Continental annonçait déjà la faillite de ce projet.

Même si Joël Barre signale que «nous butons toujours sur l’arrivée de Rheinmetall dans le programme, en particulier, sur le canon du char du combat du futur», et que «nous n’avons pas encore trouvé, entre Rheinmetall et Nexter», il reste optimiste sur le programme MGCS car, selon lui, «il n’est toutefois pas arrêté» car «nous sommes en phase d’étude d’architecture système jusqu’au printemps 2023». Laurent Jacobelli, membre de la commission de la défense nationale et des forces armées et porte-parole du RN, a lancé: «La vision gaullienne de l’Europe des projets, pays par pays, montre ses limites dans notre collaboration avec l’Allemagne»; «Le MGCS prend du retard et force est de constater que nos partenaires allemands travaillent aussi sur leur propre projet de char, privilégiant leur intérêt national».

Il précise aussi, comme Observateur Continental l’avait aussi analysé: «Selon le PDG de Dassault Aviation lui-même, le projet de SCAF connaît aussi quelques problèmes».

Capacité de la France pour une guerre de «haute intensité»? «Le modèle capacitaire que nous développions n’était pas suffisamment orienté vers une crise de «haute intensité» rapide. Il faut accélérer l’effort pour la haute intensité», a informé Joël Barre qui fait savoir qu’«on est maintenant bien plus préoccupé par le retour des puissances» même «si le terrorisme était la priorité de la LPM 2019-2025».

Pour lui, «les points faibles» sont «les stocks de munitions, même si 7 milliards d’euros sont prévus dans la LPM pour compléter et développer de nouveaux missiles ou de nouvelles munitions». Il annonce que «la poursuite de l’effort fera l’objet de la prochaine LPM annoncée par le Président français.

A contrario, le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu réfute «les annonces alarmistes, parues dans la presse, sur les capacités de défense de la France en cas d’attaque, et notamment ce qui a été prétendument extrait du rapport Thiériot-Mirallès, sur un stock de munitions qui ne permettrait pas de tenir plus de deux semaines».

Pourtant, le chef d’état-major des armées, Thierry Burkhard, qui a été l’un des premiers à évoquer la possibilité du retour aux combats de «haute intensité» et la nécessité pour les armées de s’y préparer en durcissant les entraînements et en pensant la guerre probable, évoque «une logique faible stock» qui «a prévalu, considérant qu’on pouvait faire beaucoup à flux tendus», mais qu’on s’aperçoit que c’est plus difficile avec les munitions». Il accuse «l’absence de moyens financiers pour maintenir les flux» ce qui «a créé des dépendances».

A la question si «l’armée française peut à la fois gérer des opérations en Afrique et un conflit majeur de «haute intensité»?», Thierry Burkhard répond qu’il n’y a plus aucun pays capable d’agir seul: «Dans la «haute intensité», on privilégie la défense collective»; «C’est la raison d’être d’alliance comme l’Union européenne ou l’Otan». 

Le retour de la guerre de «haute intensité». Le rapport Thiériot-Mirallès évoque «le retour de  »l’attrition »» en raison de la «nouvelle donne stratégique et tactique»: «Par ce terme technique, les armées désignent avec pudeur la perte de pilotes, les tués et les blessés au combat, les disparus en mer, les destructions d’appareils, l’épuisement des stocks et des ressources, des données quasiment absentes de la planification depuis trente ans». Le même rapport liste pour 2021, 222 chars de bataille, 254 avions de combat, 19 grands bâtiments de surface dans l’armée française et constate que «l’armée de Terre qui comptait quinze divisions à la fin de la Guerre froide, soit environ 300 000 militaires, n’a plus que l’équivalent de deux divisions» A titre d’exemple, «dans le Haut-Karabakh, les Arméniens ont perdu 220 chars dans le conflit, soit rigoureusement notre parc de Leclerc», que «170 lance-roquettes ont été détruits», que «nous en avons 13». Il prévient, également, qu’«avec 117 Rafale et un taux de disponibilité qui peut difficilement dépasser 0,7, l’armée de l’Air et de l’espace n’a en réalité que 80 avions de chasse  »bons de guerre »».

Ainsi, «dans le cas d’un conflit de «haute intensité», seule une trentaine d’avions de combat environ seraient véritablement disponibles pour mener le combat conventionnel au début». Le rapport Thiériot-Mirallès pointe le doigt sur «la nécessité de reconstituer les stocks de munitions pour faire face à un conflit de «haute intensité», rejoignant l’expertise de Thierry Burkhard et de Joël Barre.

Ainsi, la France doit préparer sa population à accepter dans l’avenir plus de pertes en matériel militaire et humaines dans ses armées. Mais, elle n’est pas encore prête à affronter une guerre de «haute intensité» ce qui est pourtant, de nouveau, la norme dans une guerre du 21è siècle.

 Olivier Renault

Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n’engagent que la responsabilité des auteurs

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