Paris, le 27 Mars 2012

Charles Gave

Chers Amis Libéraux,

Comme le disait Churchill début 1941, la situation de notre pays est désespérée mais pas sérieuse.

  • La situation est désespérée parce que nos soit disant élites nous ont amené dans une déliquescence tout à fait étonnante de l’Etat dont le peuple leur avait confié le charge.
  • La situation n’est pas sérieuse tout simplement parce que réformer l’Etat n’est pas une aussi grande affaire que l’on veut bien le dire même si je serais bien incapable de m’y atteler.

Pour cela, il faut bien entendu une volonté politique qui finira bien par se manifester, mais avant cela il faut d’abord analyser pour comprendre la nature des maux qui assaillent notre pauvre pays, et c’est dans ce deuxième domaine et dans ce deuxième domaine seulement que je veux inscrire l’action de l’Institut des Libertés.  Mon but est de faire de l’Institut des Libertés un lieu d’échanges, de débats et de propositions ouvertes à tous ceux qui comprennent que c’est,de la Liberté et de la Liberté seule, que viendront les solutions.

Notre sensibilité, la sensibilité LIBERALE, héritière directe des lumières a été étouffée par la prise de contrôle des médias et de toutes les institutions culturelles par les partisans du bonapartisme technocratique (Constitution de la Vème) alliés à ceux du clientélisme (tous partis confondus), tant et si bien que nous avons été littéralement privés du droit à la parole.Les nouvelles technologies nous permettent comme l’a montré l’exemple des Révolutions du Printemps Arabe d’accéder au Peuple à nouveau, sans passer par les réseaux officiels.

J’ai donc décidé de me lancer dans cette nouvelle aventure, après bien d’autres, depuis la Cecogest en 1973, société de recherche sur l’allocation d’actifs en passant par Cursitor management en 1981 société de gestion institutionnelle en Grande Bretagne et aux USA, $ 10 milliards sous gestion et dont j’étais le Chief Investment Officer, toutes deux vendues a Alliance Capital en 1995,et terminant par GaveKal Research et Gavekal Mangement toutes deux à Hong-Kong, fondées en 1999.

Si j’ai un reproche à faire à ma génération des Libéraux Français c’est que nous nous sommes concentrés beaucoup trop sur ce que j’appelle « l’économisme » comme si le libéralisme ne s’intéressait qu’à l’économie. Le Libéralisme s’intéresse à tout ce qui est humain:société, art, organisation politique, mouvements des idées et bien sur, économie.Rien de ce qui est humain ne lui est étranger.Le libéralisme n’est ni à gauche, ni à droite, il est pour la liberté individuelle et l’état de droit qui sont  tous deux en danger aujourd’hui.

Il s’agit d’un effort de très longue haleine qui devra porter au moins sur les dix ans qui viennent et je n’ai  au travers de cet Institut, aucune ambition ni perspective politique.

Je veux simplement que le débat d’idées, interrompu depuis trop longtemps en France puisse reprendre dans un lieu qui lui sera exclusivement consacré.Nous parlerons d’économie, certes et nous donnerons tous les chiffres ainsi que les esquisses de solution sur le budget, la part de l’Etat dans l’économie, l’endettement. Nous parlerons de Finance, dans le rubrique de Jean-Jacques Netter, financier de son état,mais aussi de Sciences dans la rubrique de Romain Beaume, polytechnicien et corps des mines et j’espére de Littérature et d’Art grâce à Pierre Boncenne,homme de lettres et prix Renaudot pour son excellent livre ” Pour Jean-François Revel: un  homme libre” dont je ne saurais trop vous conseiller la lecture.

Mais encore une fois ce à quoi l’institut des Libertés s’attachera, c’est à pénétrer le monde de la culture dans toutes ces facettes, tant il est vrai que la Liberté doit être la règle dans tous les domaines depuis l’éducation jusqu’à la santé en passant par les transports, les retraites, la monnaie…Nos concitoyens se sont vus décerveler par un « programme commun » que tout un chacun appelle la pensée unique. Il faut les aider à se reprogrammer, tel sera le but de l’Institut des Libertés.

A l’Institut, nous allons cependant avoir besoin de vos compétences et de votre temps si vous souhaitez écrire des billets dans nos différentes chroniques mentionnées donc économie, finance, sciences et lettres/ arts  alors n’hésitez pas à vous faire connaître:    institutdeslibertes@gmail.com

Le but UNIQUE sera de fairede l’Institut des Libertés, le navire amiral de la pensée Libérale, tout en respectant l’indépendance de chacun, en offrant à toutes les bonnes volontés une plateforme commune et si nous en avons les moyens, des aides ciblées à ceux qui veulent exprimer leur opinion dans un cadre qu’ils voudraient continuer à contrôler.Certes, fédérer des Libéraux est un peu comme d’amener des chats paître, mais ce n’est pas parce que la tache est difficile qu’il faut y renoncer.

Comme le disait Burke, « rien de mal ne peut arriver à un pays si les hommes d’honneur se lèvent aux moments importants pour donner leur avis »

Ce moment est arrivé.

Amicalement,

Charles Gave