«Vivez-vous actuellement avec un homme chez qui le diagnostic d’éjaculation précoce a été porté?»; «Vivez-vous actuellement avec un homme qui éjacule le plus souvent moins de deux minutes après la pénétration?»; «Votre partenaire actuel a-t-il déjà signalé le désir d’avoir un meilleur contrôle sur son éjaculation?»  Près d’un homme sur deux déclarait souffrir d’éjaculation précoce. Selon l’Association française d’urologie, on parle d’éjaculation prématurée lorsque celle-ci survient de manière quasi systématique avant la pénétration, au moment de la pénétration ou juste après celle-ci, « avec inaptitude à retarder/contrôler ce réflexe lors de toutes ou presque toutes les pénétrations et comportant des conséquences personnelles négatives telles que peine, mal-être, frustration et/ou évitement de l’intimité sexuelle ».

Comment s’explique-t-elle ? Comment aider ces sprinteurs qui rêveraient de devenir des marathoniens ? Analyse.

 

À vrai dire aucune définition de l’éjaculation précoce n’est réellement satisfaisante. Ni celle de la Société internationale de médecine sexuelle, qui tente de donner une limite de temps (1 minute de pénétration vaginale si le trouble est ancien, 3 minutes si le phénomène est plus récent) ; ni celle du manuel américain de psychiatrie qui y ajoute une fréquence de survenue lors des rapports (au moins trois fois sur quatre). Pas plus que la très vague définition de la classification internationale qui suppose que la durée de la pénétration soit suffisante pour que les deux partenaires y prennent du plaisir. Les femmes sont inquiètes de ce phénomène physique, qui peut aller jusqu’à gâcher leur vie de couple.

 

Ainsi, une femme sur deux explique ne pas être sexuellement satisfaite. Il peut s’agir d’une libido jugée trop faible ou d’une insatisfaction ressentie lors des rapports sexuels. Parmi les femmes insatisfaites, les trois-quarts signalent l’éjaculation précoce de leur partenaire comme étant l’une des causes. Enfin, quand on demande à l’ensemble des femmes quelle est selon elles la durée idéale d’un rapport sexuel, préliminaires exclus, la réponse moyenne est de l’ordre d’une vingtaine de minutes.

Mais il apparaît surtout que les femmes se plaignent plus fréquemment du manque général d’attention de leur partenaire concernant les préliminaires, baisers et caresses notamment, que du faible temps écoulé entre pénétration et éjaculation. Début 2013, une autorisation de mise sur le marché avait été accordée à une spécialité pharmaceutique ayant pour indication l’éjaculation précoce. Le laboratoire commercialisant cette spécialité a participé au financement de cette étude internationale.

Hélène Lemoine