Oleg Sokolov est un puissant homme d’affaires, professeur d’histoire à l’Université de Saint Petersbourg et fan de Napoléon, dont la spécialité était de reconstituer les scènes de bataille des campagnes napoléoniennes. Savant, au point d’avoir souvent voulu se confondre avec l’objet de son idolâtrie. Sokolov aimait à parader en costume de Premier Consul, demandant à ses plus proches de l’appeler Sire et parlant un français châtié.

Mais dans la nuit du 7 novembre 2019, Napoléon a pété les plombs. Oleg Sokolov a tué sa maitresse, une jeune étudiante de 24 ans, qui partageait sa passion pour l’histoire napoléonienne. Il l’a tuée et découpée en morceaux qu’il a balancés dans le fleuve pétersbourgeois à l’endroit où, un siècle plus tôt, le célébre Raspoutine avait lui-même été jeté. Meurtre passionnel après une dispute selon lui, il avait prévu, après avoir dissimulé son corps de se suicider en costume d’époque devant forteresse Pierre-et-Paul.

S’il s’agit bien d’une histoire à la russe, où le sordide se mêle à la folie et à la tradition, le meurtre d’Anastassia Echtchenko est avant tout une violence à l’égard des femmes, un féminicide de plus, dans un pays qui ne s’en soucie pas beaucoup. 1 femme russe sur cinq aurait déjà subi des violences conjugales selon une ONG, et une récente loi a décriminalisé beaucoup des actes violents envers les femmes.

Sahara Cohen