Si le monde des affaires a été tenu en haleine par l’élection du président français au printemps dernier, les marchés semblent beaucoup plus sereins à l’approche des élections allemandes ce dimanche 24 septembre.

Confortablement réélue ?

Angela Merkel semble en effet assurée de rempiler pour un quatrième mandat. Mais attention, le plus dur risque de commencer au lendemain de sa réélection entre la formation de sa future coalition et les problèmes démographiques auxquels est confrontée l’Allemagne (revoir ici l’analyse de Tristan Perrier d’Amundi sur TV Finance).

Si l’on s’en tient aux sondages «Mutti» est assurée d’une confortable victoire même si son parti se tasse dans la dernière ligne droite face à la poussée des extrêmes. L’institut Insa a crédité mardi son camp de 36%, loin devant le sociaux-démocrate Martin Schulz à 22%, dont la campagne sur le thème de la justice sociale ne mobilise pas dans un pays proche du plein-emploi. Cependant ce ne sera pas suffisant pour avoir les coudées franches au Bundestag. Il faudra donc chercher un ou plusieurs alliés : soit reconduire l’alliance droite-gauche avec les sociaux-démocrates ou construire un accord les libéraux du FDP et les Verts. Bref, le suspense politique viendra après le vote de dimanche.

L’Allemagne: un géant aux pieds fragiles ?

Sur le plan économique le bilan de la chancelière est plus que satisfaisant. Les caisses sont pleines : 25 milliards d’euros d’excédents en 2016, 30 milliards en 2017. Le chômage à 5,7 % est à son plus bas depuis 25 ans. La croissance, sans être forte, est à son maximum depuis cinq ans: 1,9 % en 2016. Et surtout le commerce extérieur enregistre des excédents sans précédents : 253 milliards d’euros en 2016 grâce au dynamisme du « mittelstand » allemand ces entreprises de taille intermédiaire championnes à l’international.

Cependant le modèle allemand a ses fragilités. Le vieillissement de la société va poser un défi majeur durant les prochaines décennies : explosions des dépenses sociales et baisse de la population active. La population de l’Allemagne risque en effet de perdre 15 millions d’habitants d’ici à 2060.

Quatre présidents pour une chancelière

Qualifiée « d’homme malade de l’Europe» au début des années 2000, l’Allemagne s’est redressée pour devenir la locomotive de l’Union. Pour le rester, la Chancelière aura fort à faire et devra s’appuyer sur la France pour faire bouger les lignes au sein de l’Europe et s’assurer le meilleur Brexit possible pour l’Union européenne. Après Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande, Emmanuel Macron est son 4ème conjoint dans ce couple franco-allemand où elle dure depuis novembre 2005
F.cousté