Le candidat de La République en marche (LREM) à la mairie de Paris Benjamin Griveaux a retiré sa candidature vendredi 14 février, après la diffusion sur internet de vidéos et d’échanges à caractère sexuel. Me Richard Malka, l’avocat de Benjamin Griveaux, annonce qu’il « poursuivra toutes les publications qui violeront la vie privée » de son client.

Benjamin Griveaux est né le 29 décembre 1977 à Saint-Rémy (Saône-et-Loire). Diplômé de Sciences Po et du programme Grande École d’HEC, il est collaborateur parlementaire de Dominique Strauss-Kahn dès 2003 et participe à sa campagne pour la primaire PS en vue de l’élection présidentielle de 2007.

En 2008, il est élu conseiller municipal de Chalon-sur-Saône et conseiller général de Saône-et-Loire. Il deviendra vice-président du conseil général, chargé des finances. En 2012, il entre au bureau national du Parti socialiste et devient conseiller auprès de Marisol Touraine, alors ministre des Affaires sociales et de la Santé.

Griveaux fait partie du premier cercle d’Emmanuel Macron depuis 2015. Il doit sa rencontre avec l’actuel chef de l’Etat à Ismaël Emelien. Il participe à la création d’En Marche dont il est le porte-parole pendant toute la campagne présidentielle,

Élu député de Paris aux élections législatives de 2017, il est ensuite nommé secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances puis porte-parole du gouvernement et secrétaire d’État auprès du Premier ministre.

Candidat à l’investiture de La République en marche pour les municipales de 2020 à Paris, il quitte le gouvernement le 27 mars 2019 et retrouve son siège de député de Paris un mois plus tard

Son principal problème est l’image si ce n’est le caractère de ce fidèle de la première heure d’Emmanuel Macron, qui a pâti pendant la crise des Gilets jaunes, exposé au point de se voir fracturer la porte de son ministère par un chariot élévateur au plus fort de la crise . L’ex-strausskahnien de 42 ans connaît sa réputation et s’en désole. Il semble traîner comme un boulet une mauvaise réputation dans une ville pourtant promise aux marcheurs.
Car il y a quelques mois encore, la capitale paraissait très gagnable pour le parti présidentiel, tant il y a réalisé des cartons à la présidentielle 2017 – 34,9 % au premier tour et encore en mai aux Européennes (32,9 %). La particularité d’un scrutin local ne préfigure pas des scores aussi importants aux municipales en mars. Mais tout de même: voir Benjamin Griveaux englué dans les sondages, en troisième position derrière la maire PS et la LR Rachida Dati, interpelle jusqu’au sein du parti.

Certains vont même jusqu’à dire que le principal adversaire de Benjamin Griveaux, c’était lui-même. Il porte des aspérités, à tort ou à raison, liées notamment à son passé de porte-parole du gouvernement qui infectait son image. Toute sa campagne était polluée par un halo de mauvaises impressions. Il s’est efforcé de casser cette réputation par sa communication et des propositions parfois disproportionnées (le déménagement de la Gare de l’Est, les 100 000 euros pour acquérir un logement…). Sa campagne pour les municipales n’a jamais vraiment « imprimé » dans l’esprit des Parisiens : le coup de grâce vient de tomber…
S.D