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Présidentielle 2022

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Présidentielle 2022: qui sera le nouveau président? Par Pierre Duval

La France s’approche de la prochaine élection présidentielle dont le premier tour doit se tenir le 10 avril. Par rapport aux campagnes précédentes, la course électorale actuelle est atypique à bien des égards. La politique étrangère a détourné l’attention des électeurs des histoires intérieures françaises. Cependant, l’actuel président a des chances inhabituellement élevées de réélection. Les événements de ces dernières semaines permettent d’évaluer à nouveau comment se développe la lutte pré-électorale et si les chances des principaux candidats ont changé. 

Facteur de politique étrangère et ajustements dans l’alignement des forces. Un trait caractéristique des élections présidentielles en France est que leurs thèmes prioritaires sont généralement les questions sociales et économiques alors que les relations internationales n’intéressent que secondairement les citoyens. Une telle situation aurait dû être observée cette fois-ci, également. En janvier 2022, des études sociologiques enregistraient la plus grande préoccupation des électeurs concernant le maintien du pouvoir d’achat, la crise du coronavirus, la protection de l’environnement, la lutte contre l’immigration clandestine et la criminalité.

Il est difficile pour les politiques de dire quoi que ce soit de nouveau dans de tels débats politiques au lieu des références habituelles sur la diplomatie de Charles de Gaulle. Mais, avec le début de l’élargissement du conflit en Ukraine, les opinions des électeurs français ont réussi à changer. Selon un récent sondage d’Ipsos, 95 % des Français sont inquiets de ses effets sur leur propre vie. 40 % sont même très inquiets d’une possible extension au-delà de l’Ukraine. La menace d’une confrontation nucléaire inquiète aussi les Français. La conjoncture internationale actuelle n’a pas encore totalement éclipsé toutes les inquiétudes précédentes. La santé ou la prochaine réforme des retraites pèsent beaucoup dans les appréciations des Français. En même temps, elle est définitivement devenue l’un des thèmes phares donnant le ton de la campagne électorale et obligeant les candidats à s’adapter à la hâte aux réalités.

La situation géopolitique nouvelle apporte des points supplémentaires à Emmanuel Macron. Sa cote électorale est restée constamment élevée avant même les événements de ces dernières semaines, fluctuant autour de la barre des 25% selon la quasi-totalité des enquêtes d’opinion et quelles que soient les actions des rivaux. Pour le mois d’avril, la cote de popularité du chef de l’Etat chute de trois points, pour s’établir à 37% d’opinions favorables. L’actuel président sortant est dans le statut de grand favori dans la course aux élections. La force de la position d’Emmanuel Macron tient en grande partie au fait que, malgré les nombreuses revendications qui se sont accumulées depuis son arrivée au pouvoir (style de leadership d’un seul homme aux réformes néolibérales impopulaires), il reste une figure qui, d’une part, personnifie la continuité et la stabilité nécessaires en période de turbulences, et d’autre part, la volonté de poursuivre la modernisation globale de tous les pans de la société française. 

Selon les observateurs, il occupe un créneau quasi imbattable de défenseur du pays concernant les défis extérieurs. Ces traits attirent les couches modérées de l’électorat de gauche et de droite qui l’ont soutenu il y a cinq ans et gardent toujours de la sympathie pour lui. En se référant aux événements en Ukraine, il devient beaucoup plus facile pour le président sortant de prouver à ses électeurs que son cap de ces dernières années, basé sur le renforcement de l’autonomie stratégique de l’UE, l’augmentation des dépenses militaires, l’accélération de la transition énergétique avec le soutien de l’industrie nucléaire, la réindustrialisation de la France, etc. devient de plus en plus important. Dans les jours restants avant le premier tour, Emmanuel Macron n’a qu’à éviter de prendre des mesures controversées et polarisantes qui pourraient diviser son électorat au dernier moment. Par exemple, en réponse à une vague de protestations en Corse, le gouvernement a promis de donner à l’île une certaine autonomie à l’avenir, mais il n’a pas précisé le calendrier et les paramètres de son adoption. 

Pour les principaux rivaux du président sortant, Marine Le Pen, Eric Zemmour, Valérie Pécresse,  le lancement d’une opération spéciale en Ukraine a créé des difficultés supplémentaires. On sait depuis longtemps que les politiciens français de cette partie du spectre idéologique parlent le plus souvent positivement de Moscou, estimant nécessaire de maintenir les contacts les plus larges possibles et voyant même la politique russe comme une sorte de modèle.

Dans les conditions actuelles, un tel point de vue est entré en conflit direct avec le discours officiel de Paris et les média de masse. Marine Le Pen a été contrainte de déclarer: «Vladimir Poutine a tort, il a franchi la ligne rouge». Valérie Pécresse a commencé à s’exprimer et a été beaucoup plus dure. En revanche, Eric Zemmour souligne l’inefficacité des nouvelles sanctions, la responsabilité de l’Occident dans une nouvelle escalade et la nécessité d’arrêter l’expansion de l’Otan. Il a fait savoir que le président russe n’est «pas le seul responsable» car «une guerre n’a jamais un seul coupable»: «La responsabilité est partagée»; «Notamment par les Français, les Allemands, les Américains, qui n’ont pas fait respecter les accords de Minsk et qui n’ont cessé d’étendre l’Otan pour qu’elle soit autour de la Russie comme une sorte d’encerclement». Cette nouvelle actualité est défavorable à Eric Zemmour car cela détourne de ses sujets prioritaires: la lutte contre la «menace islamiste» et le «grand remplacement».

Et si cette présidentielle n’était pas jouée? A une semaine du premier tour, des changements d’opinions peuvent se réaliser. «25% des électeurs ne sont pas sûrs de leur choix et le réflexe de vote utile favoriserait certains candidats», indique L’Express.  Selon le dernier sondage Elabe pour L’Express et BFMTV, en partenariat avec SFR, l’écart entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen n’a jamais été aussi serré au second tour. Avec 47,5%, la candidate du RN est proche du président sortant.

Le responsable de l’institut Elabe, Bernard Sananès, déclare que «la participation à cette élection présidentielle s’annonce plus faible qu’en 2017, mais pourrait atteindre autour de 70% de votants» et il note que l’entrée en campagne du président sortant et la présentation de son programme ont réactivé un «Tous sauf Macron» dans une partie de l’électorat.

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