On dit souvent « Cash is king”, ce qui signifie qu’une entreprise qui a beaucoup de trésorerie est généralement dans une bonne santé et qu’elle peut donc assurer aisément ses cash-flow à venir, généralement des paiements fiscaux ou sociaux ou le règlement des fournisseurs. Le délai de paiement des clients est donc un élément essentiel dans la gestion de trésorerie des entreprises.

 

Pour rappel, par la loi LME (loi de modernisation de l’économie), le délai de paiement est prévu à 30 jours à compter de la réception de la marchandise ou de l’exécution du service. C’est un délai de base qui peut être raccourci ou rallongé, mais cela doit être indiqué sur le contrat ou la facture. En cas de délai de paiement plus long, la loi dit que l’on ne peut dépasser 45 jours après la fin du mois à venir ou 60 jours après l’émission de la facture.

En réalité, les délais de paiement, de manière habituelle et même avant crise, dépasse allègrement les 75 jours et même, dans certains cas, les 90 jours. Les clients imposent ces délais à leurs fournisseurs, qui les répercutent eux-mêmes sur les entreprises dont ils sont les clients. C’est l’effet de chaîne des délais de paiement, effet pervers pour l’économie, puisque le non-respect d’un délai de paiement par une entreprise aura un impact sur bien plus d’entreprises que son seul fournisseur. Et généralement, les plus grandes entreprises ou l’Etat sont les plus lents à payer, puisqu’ils savent qu’ils sont indispensables à l’activité de leurs fournisseurs.

 

En ces temps de crise, un comité de crise spécial sur les délais de paiement a été mis en place le 23 mars. En avril 2020, les incidents de paiement ont été en moyenne 75 % plus élevés comparé à 2019.

Ce comité a déjà mis en lumière des pratiques anormales et inhabituelles d’entreprises sur leurs fournisseurs, à savoir des pressions fortes pour renégocier des contrats déjà passés, des lenteurs dans la validation des bons de commandes ou des compensations entre factures à venir et déjà émises.

En cas de constatation d’une de ces pratiques ou de retard dans les paiements, une entreprise peut faire appel au Médiateur des entreprises, pour essayer de résoudre le problème à l’amiable.

Sahara Cohen