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Russie : 3 raisons qui expliquent la victoire écrasante du parti pro-Poutine Par Alexandre Melnik

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Si la victoire du système Poutine à l’élection législative du 18 septembre était absolument prévisible, son ampleur dépasse la majorité des attentes. Surtout quand on sait que le pays traverse une crise économique que les Russes ont semblé ignorer en se rendant aux urnes.

Le véritable raz-de-marée du parti pro-Poutine Russie-Uni, qui balaie toute opposition réelle (composée, selon la propagande officielle, des « agents de l’étranger » et des « ennemis du peuple »), se déverse dans un paysage politique désertique de ce que les stratèges du Kremlin appellent la « démocratie dirigée », à savoir le postulat, selon lequel le peuple russe ne serait pas, culturellement, prêt à la démocratie tout court.

Force est de constater que la Russie d’aujourd’hui a le visage de son maître Vladimir Poutine, qui la gouverne et la façonne depuis 16 ans.

Comment en est-on arrivé là ?

Je vois trois raisons essentielles au triomphe du parti de Poutine.

Stratégie, politique extérieure et montée des nationalistes

1. La vision stratégique de Poutine à l’égard de son pays s’avère, manifestement, gagnante.

Après avoir déclaré l’effondrement de l’Union Soviétique « le plus grand désastre du XX siècle » et qualifié les années 1990, quand la Russie s’essayait, tant bien que mal, à la démocratie et à l’économie de marché, de « décennie de d’humiliation nationale », il s’est clairement positionné comme réparateur de cette prétendue humiliation, avec le seul objectif de rendre la fierté aux Russes d’être Russes, sur la base de la triade, ancrée dans la profonde identité russe : Etat – patriotisme – orthodoxie.

2. Poutine a misé, dès le début de son actuel mandat en 2012, sur la politique extérieure russe – proactive, musclée, farouchement anti-occidentale, et d’abord anti-américaine – comme le moyen de détourner l’attention des Russes des problèmes internes et de ressouder encore davantage son pays, présenté par lui, comme une forteresse assiégée face au permanent complot extérieur. Cette posture de l’activisme botté fait consensus en Russie.

Ainsi, l’annexion de la Crimée, une flagrante violation du droit international, et une campagne syrienne lui ont procuré de nouveaux soutiens enthousiastes au sein de son pays. Idem pour sa réinvention d’une nouvelle « guerre patriotique », avec une rhétorique belliqueuse d’un autre âge, dans le contexte de sanctions internationales à l’encontre des sportifs russes aux JO de Rio.

3. La montée en puissance des nationalistes, des souverainistes et des anti-globalistes sur fond de prépondérance des thématiques sécuritaires et identitaires que nous observons, actuellement, un peu partout.

En cette période des troubles et des incertitudes, les peuples de notre planète ont tendance à se regrouper autour des leaders charismatiques à poigne, qui, quitte à verser dans la démagogie, semblent capables, aux yeux de la population, de tenir la barre au milieu de la tempête. Alors qu’en réalité, il ne s’agit, à mes yeux, que de l’instrumentalisation de la peur du changement, inhérente à la nature humaine.

 

Une sorte de « primaire » au sein des élites russes

 

Dernière précision : même si cette élection législative russe fut, au fond, l’archétype d’un non-événement, dont les grands axes étaient pré-dessinés d’avance, elle recèle, toutefois, un ressort sous-jacent.

 

Car, en réalité, ce n’était pas une vraie élection des députés représentant les partis politiques, mais une sorte de « primaire » au sein des élites russes, soumises à une nouvelle sélection, en prévision des prochaines échéances présidentielles, prévues en 2018.

 

En fait, c’est le casting d’une nouvelle équipe de Poutine pour son quatrième mandat, dans un contexte où les électeurs russes, en l’absence de toute alternative crédible, risquent de basculer du réel soutien du système existant à une lassitude généralisée, sur fond d’un fatalisme, trop souvent propre aux Russes, à savoir le rejet de toute option de changement.

 

Or cet « agenda caché » du Kremlin ne doit pas brouiller le principal message à tirer de ce scrutin : préparer le terrain pour un nouveau mandat de Poutine, en donnant un simulacre d’attributs démocratiques purement formels à un régime ultra-personnel et de plus en plus autoritaire, en voie de crispation et à la recherche de nouveaux modes d’autoreproduction.

 

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