Les candidatures pour le renouvellement de la moitié du Sénat, dimanche 27 septembre, seront clôturées ce vendredi 16 septembre à 18 heures. La chambre basse devrait rester à droite et les groupes centristes pourraient être amenés à se recomposer.

« À ceux qui s’interrogent encore aujourd’hui de savoir qui a gagné les municipales, nous le verrons aux sénatoriales », a exposé François Baroin, président LR de l’Association des maires de France, lors de la rentrée de son parti politique, le 5 septembre dernier.

Les élections sénatoriales du 27 septembre 2020 constituent en effet le « quatrième tour » des municipales, après l’élection des exécutifs des intercommunalités, puisque 95 % des grands électeurs qui votent lors de ce scrutin indirect sont des délégués des communes.

Aux dernières municipales, le parti Les Républicains a réalisé de bons résultats et remporté plus de 60% des communes de plus de 9000 habitants. Il est donc très probable que la majorité de droite et du centre (144 LR et 51 centristes) se maintienne au soir des élections sénatoriales. Rien ne dit si elle en sortira renforcée. En tous cas, elle devrait réélire Gérard Larcher à la présidence du Sénat, le 1er octobre. 

Mais on peut s’interroger sur la représentativité de cette chambre, quand on sait que 53 % des grands électeurs sont issus de communes de moins de 1.500 habitants, et que ces dernières ne rassemblent que 33 % de la population. Le mode d’élection favorise donc fortement les départements ruraux et les petites communes 

Ce lien avec les territoires confère au Sénat sa singularité. « Les sénateurs ont tous été élus locaux et le sont parfois encore. Ils connaissent donc les réalités du terrain. Il faut justement que l’expérience sous-tende les décisions », pointe une élue du Morbihan. « Les élus locaux sont incroyablement attachés au Sénat. Souvent, ils estiment qu’il n’y a que lui qui les comprend. Au fond, le drame de ce pays est qu’il reste extrêmement centralisé, alors que les territoires sont le socle de toute politique publique », complète Jean-Jacques Urvoas un candidat PS du Finistère.

Le positionnement particulier du Sénat dans les institutions de la Ve République semble en tout cas amené à perdurer. Malgré de nombreuses velléités de modifier le fonctionnement de la Haute Assemblée, y compris de la part d’Emmanuel Macron, la réforme n’est pas pour demain « Dix-huit mois avant l’élection, aucun parti politique d’opposition ne fera à Emmanuel Macron le cadeau d’un soutien sur une réforme constitutionnelle ». Les élections du 27 septembre amèneront donc le renouvellement d’une moitié d’élus, mais pas de révolution sous les ors du palais du Luxembourg. Si ce n’est ,après la vague verte dans certaines grandes villes (Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Annecy) le retour probable d’un groupe écologiste au Sénat. Logiquement, des écologistes devraient faire leur entrée au Palais du Luxembourg. Si on tient compte des sénateurs écologistes actuels, disséminés dans d’autres groupes politiques depuis 2017, un groupe écologiste devrait faire son retour au Sénat (il faut 10 sénateurs pour former un groupe politique).

Éléonore  Morel