Des sucreries qui ferment, c’est un gros coup dur pour la filière sucrière française-touchée de plein fouet-comme le reste de l’Europe-par la chute du cours mondial du sucre.

Le premier est une surproduction planétaire, fruit de deux années d’excellentes récoltes, aussi bien pour la betterave à sucre que pour la canne à sucre. Le premier est une surproduction planétaire, fruit de deux années d’excellentes récoltes, aussi bien pour la betterave à sucre que pour la canne à sucre. L’Union européenne y a contribué. Elle a augmenté de trois millions de tonnes sa production annuelle de sucre depuis la fin des quotas et enfin la deuxième est la suppression des quotas sur la production de sucre dans l’Union européenne en octobre 2017, de la même manière que Bruxelles avait mis fin aux quotas laitiers en avril 2015. 

La France, paie le plus lourd tribut de la restructuration avec une baisse de production de 500 000 tonnes sur 700 000 tonnes en Europe. Les sucreries de Cagny, dans le Calvados, Eppeville, dans la Somme, pour Saint-Louis Sucre, filiale française du groupe allemand Südzucker. Celles de Bourdon, dans le Puy-de-Dôme, et Toury, en Eure-et-Loire, pour la coopérative française Cristal Union, connue pour sa marque Daddy
Sans offre de reprise, ces quatre usines pourraient fermer leurs portes.

Les betteraviers Français ont réclamé de pouvoir ajuster les surfaces cultivées à la demande mondiale en sucre. Ils demandent de mettre en place « un instrument de stabilisation des revenus », c’est-à-dire un fond de mutualisation abondé par les agriculteurs, les industriels et les subventions de la PAC, « pour passer les caps difficiles. » Il aurait aussi fallu adosser le prix de la betterave sur les marchés à terme du sucre. L’interprofession n’a pas su le mettre en place à temps pour éviter les coupes claires industrielles d’aujourd’hui.

Pourtant, les perspectives ne sont pas mauvaises pour le secteur. C’est tout le paradoxe. Si 76 % des betteraves sont transformées en sucre, 24 % d’entre elles servent à fabriquer l’éthanol. Les automobilistes français se tournent de plus en plus (+45 %) vers ce biocarburant à 57 centimes le litre. La consommation ne sera pas bridée par la nouvelle directive européenne qui n’a pas réduit le plafond d’incorporation des biocarburants de première génération dans les essences (7 %).

Hélène Samson