Malgré les controverses sur sa présence et le fait que plusieurs entreprises aient décidé de se retirer du pays, Total fait de la résistance et y voit un engagement humanitaire. Total a des ennuis en Birmanie, mais continue sa production de gaz, l’objectif, c’est d’éviter d’abord, de mettre en danger son personnel et d’aggraver les conditions de vie de la population, selon le PDG Patrick Pouyanné.

Le groupe a en revanche décidé d’arrêter un projet d’exploration, à l’ouest du pays ainsi qu’une campagne de forage de puits.

Le major pétrolier est sous le feu des critiques en raison de sa Birmanie, pays en proie au coup d’Etat début février de la junte militaire, qui a renvoyé Aung San Suu Kyi et qui réprime violemment les tentatives pro-démocratie. Patrick Pouyanné assure que le groupe n’a payé « aucun impôt ni taxe » à la junte militaire depuis le début de la crise en février, « tout simplement parce que le système bancaire ne fonctionne plus »… Si ça devait être le cas, cela signerait alors l’abandon des activités de Total en Birmanie.

Mais Total a quand même versé plus de 350 millions de dollars aux autorités birmanes en 2019 et en 2020, sous forme de taxes et de « droits à la production », d’après ses documents financiers. Patrick Pouyanné s’est depuis engagé à financer des ONG pour les droits humains à hauteur de ce qu’il versera à l’Etat birman.

Pauline de Grandmaison