Jean-Claude Fontanive Président de NETXSEE

Le monde change et se restructure puissamment.

La Russie que nous avons trop longtemps délaissée s’éloigne de l’Europe au sein de laquelle, elle avait pourtant légitimement sa place. Dommage !

La Chine se veut la future première puissance mondiale. L’Inde suit de près.

Et nous qui pourtant aujourd’hui avec nos 447 millions d’habitants depuis le Brexit (513 avant le départ des Anglais) détenons encore un PIB de 16.210 milliards de dollars situé entre celui des USA (20.540)  et celui de la Chine (13.610) sommes la deuxième puissance économique du monde.

Avec une dette publique de 10.800 milliards d’Euros avant le confinement on est bien loin de la dette américaine qui atteindra les 25.000 milliards de dollars lors de l’élection du nouveau Président ou de l’insondable dette japonaise.

A nos portes, sur les mêmes fuseaux horaires se trouve le continent africain qui partage avec de nombreux pays européens une langue, une histoire commune qui malgré d’inévitables relents anticolonialistes et des reproches parfois justifiés de racisme sur fond de vague migratoire pas toujours acceptée devrait nous permettre si les uns et les autres étions moins stupides d’envisager un avenir glorieux !

Imaginons un instant ce qu’il adviendrait d’un marché commun EurAfricain avec l’expérience partagée, les réserves énergétiques, les immenses possibilités agricoles, solaires, maritimes, minières, humaines des uns et des autres à condition bien sûr :

  • D’injecter massivement en INVESTISSEMENTS PRODUCTIFS dans l’économie eurafricaine (en Europe et en Afrique) 10.000 milliards d’€ (la différence entre notre dette et la dette des USA)
  • De conforter la démocratie dans tous les états africains et d’évacuer toutes les menaces terroristes
  • D’établir un système de relations politiques fondé sur le respect mutuel, l’indépendance des Etats, la libre circulation des biens et des personnes,
  • De conduire les efforts d’éducation, de santé, de logement, d’industrialisation, sans imposer aux autres, par la force, sa religion, sa civilisation, son mode de vie et dans le respect le plus total de la subsidiarité.

Ce continent eurafricain, véritable petite ONU à lui tout seul pourrait alors devenir un immense eldorado.

Un exemple parmi mille autres : Avec des panneaux solaires dans le Sahara on pourrait fournir une énergie propre à l’EurAfrique entière.

Ces panneaux, transformés en serres pourraient permettre grâce à l’immense nappe fossile que ce désert renferme de nourrir le continent tout entier.

C’était le projet Désertec abandonné à cause du terrorisme et une absence criante de volonté politique européenne.

Sans parler d‘innombrables autres possibilités que nos jeunesses inventives pourraient mettre en commun en joignant leurs efforts puisqu’il faudrait permettre à 3 milliards d’habitants (la population eurafricaine en 2050) d’accéder enfin à un niveau de vie auquel tout être humain devrait avoir droit.

Au lieu de cela nous voyons des tentatives de mainmise chinoise sur l’Afrique qui sont très éloignées de cet idéal altruiste et des manœuvres américaines souterraines visant à nous évincer pour profiter des richesses de l’Afrique comme ils l’ont fait hier au Moyen Orient.

Souhaitons que ce continent malmené par l’histoire au cours des 6 derniers siècles échappe à ce nouvel asservissement.

Comme toutes ces espérances sont évidemment utopiques, par quoi pourrions-nous commencer ?

  • Par une annulation de la dette des pays africains. Nous devons bien cela à l’Afrique qui a été si longtemps pillée.
  • Par une coopération étendue soutenue par l’Europe (BCE) qui pourrait trouver dans le développement industriel, agricole et sociétal de l’Afrique une opportunité de relance dans ce continent qui inspirait une forte inquiétude face à la pandémie et qui semble aujourd’hui relativement épargné.
  • Par de nouveaux accords commerciaux avec l’Afrique car l’Union Européenne qui depuis des années multiplie les traités de libre-échange avec des pays tiers (CETA, JEFTA, MERCOSUR, …) serait bien inspirée de faire de même avec l’ensemble des pays africains

« Nous prenons l’engagement de bâtir une société dans laquelle tous les Sud-Africains, blancs ou noirs, pourront marcher la tête haute (…) – une nation arc-en-ciel en paix avec elle-même et avec le monde », lançait Nelson Mandela lors de son discours d’investiture à la présidence.

Trente ans plus tard on en est encore loin

Mais faut-il pour autant désespérer ?