Anne Soupa est une bibliste et théologienne, journaliste et écrivaine catholique de tendance progressiste

Voilà une consigne qui semble passée de mode ! Pourtant, une institution l’utilise encore tous les jours. C’est l’Église catholique où, en 2020, aucune femme ne dirige un diocèse, aucune femme n’est prêtre, aucune femme n’est diacre, et surtout, aucune femme ne vote les grandes décisions de son Église. Aussi, après de longues années de formation et de « terrain » dans cette Église qui est ma maison, j’ai décidé, sachant que personne ne viendrait me chercher,  de « candidater », contrairement aux usages qui veulent que l’on soit « appelé ».

Certain diront que ce geste, qui n’a que fort peu de chances d’aboutir, est un geste fou ; mais ce qui est fou, c’est que cela paraisse fou alors que cela ne l’est pas. Quand pourra-t-on dire que la question centrale est celle des compétences, surtout spirituelles, et non celle du sexe ? N’y aurait-il qu’un seul modèle d’évêque dans l’Église catholique, celui d’un homme célibataire, âgé et tout de noir vêtu ? Pourtant, beaucoup de catholiques aspirent à une Église proche d’eux, animée par des personnes qui vivent comme eux. Une Église où les différences sont une richesse. Elles brisent l’entre soi entre prêtres, qui a contribué à dissimuler les abus de toutes sortes qui ont fait trébucher le clergé et causé de graves dégâts sur des enfants. S’il y avait eu plus de femmes responsables dans l’Église, il y aurait eu moins d’abus.

Pourquoi, si je veux m’engager sur cette voie, ne pas avoir voulu être prêtre ? Deux papes ont, dans des années récentes, déclaré close la question de l’accès des femmes au sacerdoce. Dont acte, même si, à titre personnel, je pense que les arguments contre sont faibles. Mais en arrivant, en 2013, le pape François a demandé aux théologiens de mieux distinguer prêtrise et gouvernance afin de faire une place pour les femmes. Or, depuis  sept ans, rien n’a été fait en ce sens.

Campagne de soutien à la démarche d’Anne Soupa
candidate comme archévêque de Lyon

Il est important que l’Église de France, qui compte environ 50 000 000 de catholiques construise sa gouvernance sur une base plus large que les 5000 prêtres français. Des laïcs, hommes et femmes,

J’espère que ma candidature fera bouger nos psychismes de femmes mais aussi d’hommes laïcs- qui ne s’autorisent pas à dire : « Une femme évêque, et pourquoi pas ? »