Depuis 2006, on célèbre la journée mondiale de l’orgasme lancée à l’initiative d’une association anglo-saxonne, la “global orgasm”.

Il y a 2,5 milliards d’orgasmes par an sur Terre, soit 1,5 million par minute, selon les chiffres de Global Orgasm. C’est pour les célébrer que les deux Américains à l’origine de ce groupe d’activistes ont créé, en 2006, la Journée mondiale de l’orgasme, qui a lieu au solstice d’hiver, le 21 décembre cette année. Avec une idée simple, mais pour le moins ambitieuse : que le plaisir que procure l’orgasme, célébré le temps d’une journée, aide à diminuer la violence dans le monde en cette période de crise sanitaire

Tout le monde veut jouir. Le message est clair, et s’il y a bien une certitude en matière d’égalité des sexes, c’est que tout le monde a le droit à l’orgasme. Mais est-ce un devoir pour autant ? Selon ses deux fondateurs, si nous faisions tous l’amour en même temps, une vague d’ondes positives envahirait le monde.

Qu’en est-il de l’orgasme en France ?

LES DIFFICULTÉS A ATTEINDRE L’ORGASME SEMBLENT AFFECTER LES FRANÇAISES PLUS QUE LES AUTRES

 

49% des Françaises admettent avoir « assez régulièrement » des difficultés à atteindre l’orgasme, soit le niveau le plus élevé de tous les pays investigués dans le cadre de l’enquête.

37% des Françaises ont joui « au moins une fois par semaine » ces trois derniers mois, soit la plus faible proportion observée dans les pays interrogés en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord.

52% des Françaises déclarent avoir « souvent » joui avec un partenaire au cours de leur vie, soit un taux très en deçà de celui mesuré dans les autres pays occidentaux.

31% des Françaises simulent « assez régulièrement » l’orgasme avec leur partenaire, soit le niveau le plus élevé observé en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord.

25% des Françaises n’ont pas eu d’orgasme lors de leur dernier rapport, soit une proportion record en Europe, presque deux fois plus élevée par exemple que chez les Néerlandaises (15%).

(Enquête de l’Ifop pour CAM4)

 

 

Le point de vue de l’Ifop

Si les Françaises souffrent de plus de difficultés à jouir que les autres femmes occidentales, ce n’est pas seulement en raison de certaines leurs particularités : les taux élevés d’activité, de célibat ou de consommation de médicaments observés dans la population féminine hexagonale ne créant pas les conditions physiques ou psychologiques les plus favorables à un épanouissement sexuel (ex : fatigue, stress, situation sentimentale instable, baisse de la libido…).

Au regard des résultats de l’étude, leur singularité tient également au fait que les Françaises pratiquent moins souvent les techniques permettant en général aux femmes de jouir plus facilement comme la masturbation ou la double stimulation (clitoridienne et vaginale). En effet, en France plus qu’ailleurs, l’accès des femmes à l’orgasme semble freiné par une sexualité de couple encore trop « phallocentrée » : les pratiques sexuelles réalisées le fréquemment (ex : pénétration vaginale) n’étant pas celles qui favorisent le plus l’orgasme féminin. Certes, ce décalage entre leur prévalence et leur efficience s’observe dans l’ensemble des pays occidentaux mais il s’avère particulièrement important en France. François Kraus, directeur d’étude à l’Ifop

Hélène Samson