Le parquet s’est prononcé jeudi soir sur le réquisitoire de Nicolas Sarkozy, dans son procès sur le financement de sa campagne, l’affaire dite Bygmalion. Celui-ci a requis six mois de prison, et six autres avec sursis et 3 750 euros d’amende. 13 autres prévenus sont également jugés dans cette affaire.

L’ancien président de la République est accusé d’avoir autorisé des dépenses pour sa campagne présidentielle de 2012, dépenses qui ont largement dépassé le montant autorisé par la loi électorale. Le parti de Nicolas Sarkozy, l’UMP, a dépensé près de 43 millions d’euros pendant sa campagne de 2012, soit le double du montant autorisé par la loi électorale.

La justice soupçonne la société de communication Bygmalion d’avoir établi de fausses factures pour masquer les dépassements de dépenses de l’UMP. Le scandale prend une autre ampleur lorsque des cadres de Bygmalion reconnaissent l’existence d’une fraude. La société était dirigée par des proches de Jean-François Copé, l’un des cadres de l’UMP. Englué dans l’affaire, le politique démissionne d’ailleurs en mai 2014.

La question que s’est posée la justice pendant ce procès est de savoir quelle était l’implication de celui qui était encore président de la République à l’époque. Lui qui a déclaré au tribunal ne pas pouvoir être au courant du montant de ces factures: « Vous me voyez vraiment aller à des réunions pour discuter des prix des drapeaux et des voyages en train ? Je n’aurais pas été capable de rester plus de deux minutes. J’étais surchargé de travail ».

C’est maintenant au juge de décider de sa condamnation – ce serait sa deuxième condamnation cette année.

Sahara Cohen