Le confinement devait être prolongé, de nombreuses travailleuses du sexe risqueraient d’être expulsées de leur logement, faute d’avoir pu payer leur loyer en raison de la défection des clients. 

Les réalités sont très différentes selon les territoires, indique l’association du Mouvement du Nid, qui accompagne les personnes prostituées dans 27 départements. Pour les femmes en situation de grande précarité, on nous rapporte notamment des difficultés concernant l’accès aux distributions alimentaires, qui sont perturbées, et pour être mises à l’abri si elles ne disposent pas d’un logement ».  

Les travailleuses du sexe, dont une minorité exercent sous le statut d’auto-entrepreneur, ne pourront pas non plus prétendre à l’aide de 1 500 euros promise par l’État aux indépendants en compensation de leur baisse d’activité. 

 Contre l’interdiction des contacts physiques, la migration sur les sites spécialisés de webcams s’impose comme la solution et les accès gratuits offerts par plusieurs grandes plateformes pornographiques pendant le confinement ont également asséché la clientèle.

Une cagnotte a été lance sur Pot commun « Tapotepute »

 

Quelques chiffres de la prostitution en France

Les travailleuses du sexe, dont le nombre est estimé entre 30 000 et 50 000 en France, sont considérées comme des victimes aux yeux de la loi. Quant aux clients, ils sont, eux, passibles d’une amende de 1 500 euros et même 3 750 euros en cas de récidive. Des associations de travailleuses du sexe, les hommes étant faiblement représentés (8 % d’hommes et 92 % de femmes), exerçant en France ont saisi la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).

Elles souhaitent l’abrogation de la loi dite « prostitution » du 13 avril 2016, initiée la ministre des Droits des femmes de l’époque Najat Vallaud-Belkacem et qui a remplacé le délit de racolage par la pénalisation des clients. Selon elles, la nouvelle législation aggrave les conditions de travail des prostitués, favorise les rapports non protégés et pousse celles-ci à exercer dans des lieux isolés augmentant de fait le nombre d’agressions. 

PUBLICATION DU DÉCRET RELATIF À L’AIDE FINANCIÈRE À L’INSERTION SOCIALE ET PROFESSIONNELLE VERS LA SORTIE DU SYSTÈME PROSTITUTIONNEL

Chez nos voisins

Au Portugal,bien que les bars qui les hébergent habituellement soient fermés, les prostituées continuent à travailler en passant des annonces dans les journaux et sur des sites spécialisés, rapporte le quotidien Jornal i.

 

Anne-sophie Luz