Lors d’un webinaire sur le budget à long terme de l’UE, les députés ont insisté pour que le fonds de relance soit mis en place le plus vite possible afin d’éviter une récession majeure.

 

 

Au cours de ce webinaire du PE destiné aux journalistes sur le budget à long terme de l’UE et le plan de relance économique de l’Europe, les députés ont salué la récente proposition franco-allemande d’un fonds de relance de 500 milliards d’euros et ont réaffirmé la position du Parlement sur le plan de relance tel qu’adopté lors de la dernière session plénière.

La Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, viendra présenter le cadre financier pluriannuel (CFP) révisé ainsi que les propositions relatives au plan de relance, puis débattra avec les députés lors d’une session plénière extraordinaire mercredi 27 mai après-midi.

Johan Van Overtveldt (ECR, BE), président de la commission des budgets, a averti que la situation économique actuelle pourrait dégénérer et a demandé une action rapide: « La pandémie de COVID-19 demeure une crise sanitaire majeure, et nous nous rendons compte qu’elle se transforme lentement mais sûrement en une récession majeure. Ce que nous devons résoudre dans les jours et les semaines à venir, c’est comment concilier solidarité et responsabilité. Si nous n’arrêtons pas la récession dans sa course le plus tôt possible, nous pourrions être confrontés à ce que je définis comme un nouvel ouragan financier. »

José Manuel Fernandes (PPE, PT), co-rapporteur pour les ressources propres de l’UE (recettes de l’UE), a déclaré que l’initiative franco-allemande représentait un « pas dans la bonne direction » et a insisté sur le fait que le fonds de relance était nécessaire immédiatement, car le CFP ne sera pas en place avant 2021.

Concernant la réticence des États membres, jusqu’à présent, à convenir d’un budget solide à long terme, José Manuel Fernandes a déclaré: « Les États membres ne disent pas dans quelle mesure ils veulent réduire les fonds de cohésion ou agricoles. Ils veulent conserver leurs enveloppes. Ils veulent tous augmenter le financement de la recherche. La Commission veut une « Europe géopolitique » et financer le pacte vert. Nous avons donc besoin de moyens pour honorer ces engagements. »

Margarida Marques (S&D, PT), co-rapporteure pour le CFP, a demandé que le fonds de relance soit ancré dans le CFP. « La réponse de l’UE à la crise se fonde sur le CFP et le fonds de relance. Le CFP peut également servir de plateforme pour accéder à d’autres sources de financement comme la BEI ou le MES. » Les trois principales priorités sont maintenant de « réparer le marché intérieur à la suite des mesures d’aides d’État, mettre en place le plan de relance économique et social et, enfin, accroître la résilience de l’UE. »

Valérie Hayer (Renew Europe, FR), co-rapporteure pour les ressources propres de l’UE, a déclaré: « Selon les dernières prévisions de la Commission, l’économie de l’UE sera confrontée à une baisse du PIB de 7,5% en 2020. C’est à la fois massif et tragique. Cela correspond à environ 1 000 milliards d’euros. Le PE demande un plan de 2 000 milliards d’euros qui devrait inclure des prêts mais surtout des subventions. »

Concernant l’initiative franco-allemande, Mme Hayer a souligné: « Elle va dans la bonne direction – celle du Parlement. Les deux pays se sont mis d’accord sur l’augmentation de la dette commune et sur les dépenses directes, et c’est très important. » Elle a salué le fait que l’initiative laissait la porte ouverte à l’introduction de nouvelles ressources propres afin de rembourser la dette.

Luis Garicano (Renew Europe, ES), a également souligné que les nouvelles ressources propres étaient une initiative utile: « La question clé est de savoir comment financer ce paquet. Le Parlement est très clair sur ce point. Il offre aux États membres une bonne solution: nous nous rendons compte que les pays de l’UE ont des capacités limitées pour augmenter leur contribution directe au budget de l’UE. Nous pensons qu’il y a un avantage comparatif à collecter certains types de recettes, par exemple une taxe numérique, ce qui permettrait aux États membres de ne pas augmenter leur contribution. Prélevons des taxes sur ces sources de recettes jusqu’à présent inexploitées et aidons ainsi à payer les intérêts de cette dette à long terme générée par le plan de relance. »

Ernest Urtasun (Verts/ALE, ES) a déclaré : « Le fonds de relance ne doit pas être créé au détriment du CFP. Je pense qu’une mauvaise solution serait d’avoir un fonds de relance fort en amont des dépenses du CFP, puis d’avoir un CFP très faible dans trois ou quatre ans. Nous avons besoin des deux: un fonds de relance solide et un CFP solide, car après la reprise, les urgences des défis climatiques et numériques subsisteront. »