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Présidentielle 2022

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Emmanuel Macron et Joe Biden mettent en scène leur réconciliation par Pierre Duval 

Même si le président Joe Biden ne s’est pas excusé directement pour la rupture de l’accord d’armement français avec l’Australie, le conflit entre Paris et Washington semble, néanmoins, réglé. C’est sous cet angle que les média, les politiques font comprendre à la société française l’issue de la rencontre entre le président américain et le président français, Emmanuel Macron. Les Etats-Unis sont prêts à dédommager leur allié d’une manière ou d’une autre des pertes subies du fait de la création d’ une union des pays anglo-saxons: AUKUS.

«Il faut rétablir la confiance avec les Américains et relancer notre partenariat bilatéral avec eux», a déclaré Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement français. Ce dernier, notant que le chemin pour restaurer la confiance entre les deux pays sera «long et exigeant», a néanmoins précisé que Paris n’allait pas approfondir le conflit car «on est engagé avec eux sur des dossiers absolument fondamentaux pour la planète»: la question climatique, avec la COP26 ; la lutte contre le terrorisme ; le Sahel où nous sommes engagés avec les Américains». De manière générale, cette déclaration peut aussi être considérée comme un bilan de la rencontre entre Macron et Biden, devenue l’un des principaux événements du voyage européen du président américain. 

Cette mise en scène de rencontre entre Joe Biden et Emmanuel Macron s’est déroulée avant l’ouverture du sommet du G20 à Rome, et non en marge de cet événement. Ainsi, le président des Etats-Unis et le président français ont souligné en échangeant littéralement des gestes de tendresse devant les caméras du monde, l’importance symbolique de leur rencontre, la première depuis le scandale de la rupture du contrat de sous-marin franco-australien. Rappelons qu’à la mi-septembre, Washington, Canberra et Londres ont conclu un accord de partenariat dans le domaine des technologies de défense, dénommé AUKUS (Australie, Royaume-Uni, USA) et que cela fut une claque magistrale pour la politique étrangère française et son industrie militaire. 

Les Australiens ont, en effet, annulé le contrat avec la société française Naval Group pour la construction de 12 sous-marins diesel pour un total de 66 milliards de dollars. Au lieu de cela, les Australiens ont accepté d’acheter des sous-marins nucléaires américains. La France a interprété cela comme un coup de poignard dans le dos. D’ailleurs, Emmanuel Macron, a avoué avoir été roulé dans la farine comme un bleu en réagissant d’une manière peu habituelle pour un chef d’Etat d’un pays: «’’Je sais’’ que le Premier ministre Scott Morrison m’a menti». Mais, les ambassadeurs du pays, qui avaient été rappelés de Canberra et de Washington, sont vite revenus. Cependant, le point final du conflit n’a pas été fixé. En théorie, il était censée être mis en image avec la rencontre entre Emmanuel Macron et Joe Biden.

En conséquence, un communiqué a été adopté, dans lequel les deux parties se sont engagées à entamer un dialogue stratégique sur le commerce des armes. On parle même d’un éventuel ajustement de l’International Arms Trade Regulations (ITAR). C’est le nom du paquet de lois en vigueur aux Etats-Unis qui permet aux autorités américaines de restreindre le commerce des armes contenant des composants fabriqués aux Etats-Unis. La France a longtemps considéré cette mesure comme discriminatoire et portant atteinte aux intérêts de ses armuriers. Le vendredi 29 octobre, la France et les Etats-Unis ont convenu d’étudier la possibilité de rendre plus efficaces les règles d’exportation d’armes.

Apparemment, les concessions des Américains à leur allié ne se limiteront pas à cela. La rencontre Biden-Macron ouvre peut-être la voie au succès des négociations entre la France et l’Australie pour compenser les pertes subies par Naval Group. Probablement, Paris prendra une part active au réarmement de l’armée australienne. En tout cas, les Américains ne sont pas contre. De son côté, la France ne remet pas en cause sa participation au « sommet pour la démocratie » – un événement que Joe Biden va organiser en décembre 2021. Son boycott créerait de sérieuses critiques du président américain à sur son sol.

Néanmoins, les résidus du conflit sont restés. Ainsi, le journal Le Monde a attiré l’attention sur le fait que Joe Biden ne s’est pas excusé directement pour l’échec du contrat. Il a, seulement, qualifié les actions américaines dans la situation des sous-marins comme une manière de faire « maladroite». « J’avais l’impression que la France avait été informée très en amont que le contrat [de sous-marins qu’elle avait passé avec l’Australie] ne se ferait pas. Devant Dieu, je vous assure que je ne savais pas que vous ne l’aviez pas été », a déclaré le président des Etats-Unis. Cette remarque permet de comprendre que cette rencontre pour la France ne peut être considérée comme un succès. Il est, en effet, difficile de croire que Joe Biden n’a pas été informé de l’état des négociations entre l’Australie et la France. 

Cependant, début octobre, il y a eu des déclarations du secrétaire d’Etat américain, Anthony Blinken, et de l’envoyé spécial de Joe Biden pour les questions climatiques, John Kerry, qui sont difficiles à interpréter autrement que par des excuses. Le même John Kerry a exhorté à ne pas considérer la situation actuelle comme une « trahison», tout en reconnaissant un «manque de communication».

Maintenant, il semble que la communication entre les deux pays ait été rétablie.

Pour les observateurs l’accord avec Joe Biden est, également, le succès personnel d’Emmanuel Macron. Ce qui est particulièrement important pour lui maintenant, c’est son image sur la scène internationale. Il lui faut garder en tête que l’année prochaine, il y aura des élections présidentielles en France. Aussi, du moins, sous l’aspect de la communication, le président français veut démontrer, dans les conditions de la campagne électorale réellement commencée, que son pays est compté et qu’il est respecté. C’est une question du culte de l’image et de marketing. Sur le terrain, la population en France, cependant, n’est pas vraiment dupe. Les Français voient bien la déroute de la France face à ses alliés et la perte de son influence et de son prestige dans le monde. 

A bien des égards, la vive réaction des officiels parisiens à la rupture du contrat avec l’Australie s’expliquait par la forme sous laquelle cette rupture s’était faite. Cette élite en a pris pour son orgueil et tente de sauver la face envers ses électeurs. La France a des territoires d’outre-mer dans la région Asie-Pacifique. Elle y a des bases militaires et, par conséquent, ses propres intérêts. Et les Etats-Unis l’ont traitée comme une puissance régionale, ce qui était, de fait, insultant. 

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