Le Collectif laïque national comprend et partage l’émotion, aujourd’hui mondiale, suscitée par le meurtre de Georges Floyd par un policier à Minneapolis (Minnesota, États-Unis). La dénonciation du racisme et la protestation contre les violences policières rejoignent les combats laïques et républicains du Collectif laïque national.

Ce drame américain nous rappelle que ce pays fut esclavagiste sur son propre sol jusqu’en 1864, ségrégationniste ensuite jusqu’aux années 1960, et qu’il continue aujourd’hui à tolérer dans nombre de ses États fédérés, des pratiques ouvertement racistes.

Le Collectif laïque national souligne que la France n’est pas les États-Unis, contrairement à ce que prétendent, au mépris de l’histoire, ceux qui tentent de détourner le mouvement en le réduisant à des « tensions communautaires ». En France, la République, fondée dès l’origine sur l’universalisme émancipateur, a aboli l’esclavage en 1794 et, de nouveau, en 1848 dès qu’elle fut de retour.

De même, la colonisation, poursuivie par la IIIe République en méconnaissance de ses principes émancipateurs, a toujours trouvé des Républicains pour la combattre au nom de ces principes mêmes, puis pour s’engager dans les luttes de décolonisation. La République française ne porte donc pas en soi un racisme institutionnel, « systémique », comme le prétendent les adversaires de l’universalisme. Le juste et indispensable combat contre le racisme ne doit pas être détourné en une mise en accusation de la République et un abandon des luttes émancipatrices au profit de l’affrontement de communautarismes qui assignent les individus à une couleur de peau.

L’émotion ne doit pas l’emporter sur la raison – ni sur l’ordre public – n’en déplaise au ministre de l’intérieur. Et l’intervention de la Garde des Sceaux n’est pas davantage conforme au principe républicain de séparation des pouvoirs, nécessaire au déroulement serein de la procédure judiciaire en cours.

Il est vrai qu’en France, comme dans d’autres pays même démocratiques, des actes racistes perdurent. Si la police, dont l’exercice de la coercition légalement autorisée et proportionnée est l’une des missions, peut comporter en son sein des individus racistes, il existe en revanche une longue tradition républicaine dans les forces de l’ordre à laquelle le Collectif laïque national apporte son soutien.

Ainsi, il est hautement regrettable que certains membres des forces de l’ordre se croient autorisés à excéder leur mission – certes difficile – par exemple en pratiquant, parfois de façon discriminatoire, des contrôles au faciès ou des humiliations voire des brutalités sur des personnes arrêtées.

Engagés dans la lutte contre tous les racismes, le Collectif appelle les Pouvoirs publics à promouvoir le strict respect des principes républicains dans le recrutement, la formation et l’encadrement humain et réglementaire des forces de police et de gendarmerie. Il s’inquiète de la présence en leur sein d’éléments extrémistes chez qui le racisme s’accompagne clairement d’intentions et de propos antirépublicains. Le collectif rappelle que la lutte contre le racisme implique aussi le rejet des théories racialistes et indigénistes qui fracturent la société et déconstruisent la citoyenneté.

Il en va de la sauvegarde de la République et de ses principes.

Communique de presse

Le Grand Orient de France est une association régie par la loi de 1901 déclarée le 27 octobre 1913 à Paris