Plus grand diplomate du xxe siècle pour les uns, personnalité à la vie controversée pour les autres, Henry Kissinger ne laisse personne indifférent. Dans ce portrait très personnel, Jérémie Gallon retrace le destin extraordinaire d’un petit garçon juif né au cœur de l’Europe, confronté dès son enfance aux horreurs du régime nazi, et qui deviendra, quelques décennies plus tard, le maître de la diplomatie américaine. Il nous guide sur le chemin qui conduit Henry Kissinger, jeune réfugié privé de tout lorsqu’il arrive à l’âge de quinze ans à New York, à devenir l’homme qui fera et défera des régimes, et redessinera les grands équilibres du monde.

Né en 1924 à Fürth, en Bavière, dans une famille juive, le jeune Henry fuit le nazisme en 1938 avec ses parents pour accomplir sa destinée. Etudiant à Harvard après-guerre, il devient le bras droit de Nelson Rockefeller, le gouverneur de New York. Puis, il prend les commandes de la diplomatie américaine pendant sept ans, s’imposant comme le conseiller le plus influent de deux présidents successifs, Richard Nixon (1969-1974) et Gerald Ford (1974-1976).

Dans son lumineux essai Henry Kissinger, l’Européen (Gallimard), l’avocat Jérémie Gallon, 35 ans, place ce politique rusé au niveau de Metternich, le diplomate autrichien dont le rôle fut déterminant pour définir les contours de l’Europe post-napoléonienne lors du Congrès de Vienne en 1815. A la fois intellectuel et homme d’action, tacticien et stratège, Kissinger appartient à l’espèce des politiques qui ont fait l’Histoire. 

Sahara Cohen