Les agriculteurs sont en colère en Inde et continuent de faire entendre leurs voix en bloquant le pays. L’objet de leur protestation, c’est la réforme qui touche le secteur agricole, votée au Parlement il y a deux mois, et qui vient déréguler le marché agricole, et notamment les prix publics des denrées agricoles.

Jusqu’à présent, les agriculteurs vendent leurs productions sur des marchés organisés. Ce sont les « mandis », des intermédiaires pour le courtage des ventes, pour l’organisation du stockage et du transport.

Que dit cette réforme ? Elle dérégule les « mandis » et donc les tarifs agricoles de base, en organisant un marché livre, où les paysans pourront vendre au prix qui le souhaitent leurs produits aux entreprises de l’agroalimentaire.

Sauf que que la réalité qui se cache derrière une relation entre un fournisseur et un distributeur est généralement à l’avantage du plus gros. Des distributeurs, des grandes sociétés, souvent internationales, qui ont un fort pouvoir de négociation, avec pour conséquence une forte probabilité de casser les prix, et donc les revenus de ces agriculteurs….

Les agriculteurs indiens ont-ils raison d’avoir peur de l’inconnu, peur de la concurrence ? Le gouvernement de Narendra Modi maintient que l’agriculture est un déclin, à cause de ce manque d’investissement, et de modernisation. L’agriculture est un secteur non performant économiquement (14% du PIB), compte tenu du fait qu’elle compte la moitié de la population dans ces rangs.

Pour le gouvernement, le système des prix fixes et du marché surprotégé (les revenus agricoles sont exemptés d’impôt sur le revenu) par des subventions est devenu inefficace.

 

La peur des exploitants agricoles est légitime, mais ce doit être les rôles des syndicats agricoles, de représenter et de faire poids face à la filière de l’agroalimentaire.  S’organiser pour affronter ensemble l’inconnu, qui ne pourra pas être pire que le présent.

Sahara Cohen