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La Corée du Nord reconnaît les républiques du Donbass avec une arrière-pensée Par Alexandre Lemoine

La Corée du Nord est devenue le troisième pays de l’ONU à avoir officiellement reconnu les républiques du Donbass et la deuxième puissance nucléaire à le faire. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déjà promis une « réponse ferme » et de rompre les relations diplomatiques, mais Kiev avait déjà reconnu que l’Ukraine enviait la Corée du Nord. Or pendant ce temps cette dernière mène son propre jeu, et la reconnaissance des Républiques populaires de Donetsk (RPD) et de Lougansk (RPL) n’est pas du tout un hasard. 

L’espace médiatique ukrainien a réagi à la reconnaissance des républiques par Pyongyang par un humour malsain et des tournures publicistes dans le genre « pays voyou », « aide d’un mendiant », « bienvenue dans le club des pires dictateurs de notre époque », etc. 

Ce n’est pas de la politique, c’est de la propagande. 

Car le « pays voyou » et « mendiant », entre autres, possède l’arme nucléaire, or il n’y a que neuf États nucléaires dans le monde. 

De plus, ce pays dispose de l’une des plus nombreuses armées de la planète, plus exactement la quatrième plus grande en termes d’effectifs. Presque 1,3 million de Nord-Coréens servent dans les forces armées régulières et encore presque 6 millions dans différentes milices. 

Alors que de par le nombre de militaires pour 1.000 habitants, la Corée du Nord détient le record absolu. Par exemple, en Russie et en Israël ce rapport est 12 fois inférieur. 

Certes, cette armée n’a combattu personne depuis longtemps et affiche un sérieux retard sur le plan militaro-technique (sauf un « détail » tel que des missiles de croisière avec des ogives de plutonium). Mais on estime qu’elle est bien entraînée et motivée pour exécuter tout ordre, ce qui est important dans la situation actuelle. 

Pour quelle raison Pyongyang l’a-t-il fait? Quels sont les motifs de Kim Jong-un? Que Obtiendra-t-il en échange?

À une autre époque, l’Occident aurait dit que la Corée du Nord a été achetée avec des pétrodollars russes. Mais aujourd’hui même les critiques fervents du Kremlin ne seront pas convaincus que la Russie frappée par les sanctions plus sévères que la Corée du Nord soudoie, dans le sens premier du terme, sa reconnaissance des républiques du Donbass. Tout le monde comprend que Moscou a actuellement d’autres problèmes à traiter et aucun d’entre eux ne justifierait un tel gaspillage de ressources pour un geste aussi grand mais symbolique. 

Pyongyang aurait pu le faire simplement en étant guidé par son rôle sur la scène internationale, celui d’un rival idéologique des États-Unis. Par ailleurs, la Russie pour lui n’est que l’un des rares partenaires (ils sont moins d’une dizaine) avec lesquels il conserve des relations politiques et économiques. 

Cependant, l’hostilité avec les États-Unis et le partenariat avec Moscou ne signifient pas que les autorités nord-coréennes font quelque chose sans raison. La politique étrangère de ce pays est minimalisée: chaque démarche est commise avec un calcul. Mais qu’espère Kim Jong-un dans cette situation? 

Il compte très certainement sur un marchandage, mais pas avec la Russie. Avec les États-Unis. 

On pourrait dire que c’est la ruse favorite de la Corée du Nord. Pyongyang fait quelque chose d' »extraordinaire », souvent effrayant, à l’instar d’essais balistiques et nucléaires, incitant ainsi son principal ennemi (États-Unis, Corée du Sud) au dialogue, aux concessions et aux livraisons. Par exemple de mazout. 

La Corée du Nord semble avoir besoin d’une nouvelle session de marchandage. Or plus personne ne propose l’une des baguettes magiques sur laquelle compte habituellement Kim Jong-un: des « cadeaux » américains pour bien se conduire. 

On ignore si une telle offre sera faite (ce qui est possible; Joe Biden a besoin d’urgence de quelque chose à faire passer pour un succès en politique étrangère). Mais la reconnaissance des républiques du Donbass ressemble effectivement à une tentative de Pyongyang d’attirer l’attention en soulevant le thème le plus à la mode de la saison. 

Alors pourquoi la Corée du Nord n’a-t-elle pas fait parler d’elle comme auparavant, par des essais nucléaires et balistiques? Simplement parce qu’il y a déjà eu plus de 30 essais balistiques depuis le début de l’année. Mais qui les a vraiment remarqués? 

Et quoi qu’en disent aujourd’hui les Ukrainiens, la vérité amère est qu’en réalité ils envient la Corée du Nord. En fait, les autorités ukrainiennes le reconnaissaient directement et bien avant l’opération spéciale. C’est précisément ce que le président du parlement ukrainien David Arakhamia a dit faisant référence à l’arsenal nucléaire perdu de l’URSS: « Nous pourrions faire du chantage au monde entier et on nous donnerait de l’argent. » 

Autrement dit, la Corée du Nord est une Ukraine qui a réussi. Certes, l’Ukraine reçoit également beaucoup d’argent, mais en échange de la confrontation avec la Russie qui se mesure en vies et destructions. 

Pyongyang n’a pas à payer un tel prix et il est à l’abri de toute opération spéciale extérieure (par exemple américaine), contrairement à l’Ukraine.

Alexandre Lemoine

Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n’engagent que la responsabilité des auteurs

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