Les Bourses mondiales ont toutes été secouées par un regain d’inquiétude ; la crise économique engendrée par la situation sanitaire va nécessairement avoir un impact majeur pour le secteur bancaire.

Le risque le plus immédiat est celui d’une baisse marquée des revenus en banque d’investissement, banque de financement et gestion d’actifs, alors que l’activité sur les marchés financiers risque de décroître significativement. Le marché des introductions par exemple est de facto presque fermé, et une chute prolongée des cours ne manquerait pas d’affecter le marché secondaire. Les commissions des banques au premier voire au deuxième trimestre s’en ressentiront. Les autres activités des banques -dont l’octroi de crédit aux PME/ETI qui forment l’épine dorsale de l’économie européenne- pourraient également souffrir.

Les banques courent aussi des risques opérationnels très concrets : comment poursuivre son activité si les salariés sont mis en quarantaine ? Une fois activés afin de garantir un fonctionnement sans interruption des services bancaires, les plans de secours et de continuité d’exploitation résisteront ils à un risque accru de cyberattaque ?

Si la crise actuelle venait à se prolonger au-delà de 2020, il est fort probable que certaines grandes banques européennes seraient à leur tour frappées par la crise et que le cadre actuel de résolution bancaire révélerait alors son insuffisance et la nécessité d’une nouvelle réforme.

Hélène Samson