Face à l’engouement qui prend en France, justifié ou non en ces temps de pandémie, pour avoir recours au vote par correspondance, à commencer par les prochaines élections régionales, le ministre de l’Intérieur a apporté une réponse. L’ancien membre des Républicains rappelle d’abord que l’idée a été écartée de nombreuses fois depuis 1975.
Le vote sur correspondance est qualifié de « fausse bonne idée » et une « proposition non souhaitable pour notre démocratie ». Il ne faut pas agir « sous le coup de la crise ». La décision est nourrie d’arguments implacables.

 

D’abord, parce que cela demanderait à l’Etat français une vitesse d’adoption et d’adaptation sans précédent. Vitesse que, pragmatiquement, le ministère de l’Intérieur ne pourrait pas obtenir, en quelques semaines ou quelques mois, de la part de ses administrations. « Un défi pour un opérateur postal », sous-entendu que la Poste est encore moins prête que le reste à se voir attribuée cette lourde tâche.

Les Français eux-mêmes ne seraient pas adaptables. Attachés à l’élection « sur une seule journée ».

Ensuite, il justifie sa fin de non-recevoir par un risque de fraude trop important, reconnaissant que cela arriverait à un moment où « la légitimité des élus est attaquée de toute part ».

Enfin, le vote par correspondance éloigne, de fait, l’isoloir. Un bulletin de vote déposé dans une enveloppe scellée à la maison, au sein d’une « pression communautaire et de l’influence familiale », c’est, selon Gérald Darmanin, contraire à l’esprit de la démocratie républicaine.

 

Un geste de « libre-arbitre, non traçable et parfaitement indépendant », il est important que le vote le reste.

La question est cette fois autrement plus délicate mais on devrait pouvoir dire la même chose de la justice, elle aussi aux mains d’immanquables pressions et pas franchement indépendante, aux vues des innombrables exemples. On attend la plume de Gérald Darmanin pour dénoncer ce fléau français.

Sahara Cohen