Cette impulsion est devenue d’autant plus attrayante à la suite du COVID-19, une pandémie qui tue des milliers des Français tous les jours et les attaques terroristes qui reprennent à l’approche des fêtes de fin d’année. Et pourtant des leaders de l’Etat islamistes ont été éliminés. Plusieurs années se sont maintenant écoulées depuis que l’État islamique (également connu sous le nom d’ISIS) a perpétré ses horribles attaques à Paris et à Bruxelles. La menace terroriste s’est intensifiée et elle est protéiforme, qui a de multiples composantes essentiellement externes, c’est-à-dire une menace qui peut être projetée de l’extérieur – comme les attentats de novembre 2015 à Paris et Saint-Denis.
À côté de cela, il y a la composante endogène qui est la plus importante aujourd’hui, avec des individus qui sont radicalisés, qui sont inspirés surtout par cette propagande terroriste qui continue, qui se perpétue. Cette menace interne se double d’une autre menace qui provient des sortants de prison. Depuis deux ans, une dizaine d’incidents terroristes ont impliqué des détenus pour terrorisme islamiste ou des détenus radicalisés. Et pourtant, les pouvoirs publics ont adopté et renforcent les moyens de l’Etat. 
La lutte antiterroriste mobilise très fortement nos services de renseignements, désormais mieux armés, mieux coordonnés et mieux dotés. Les services de la  police, de la gendarmerie, de  la justice et de  l’administration pénitentiaire en particulier, ont  fait l’objet de crédits supplémentaires et d’effectifs renforcés. Si la dangerosité de certains individus susceptibles de passer à l’acte et de commettre un attentat reste délicate à appréhender plusieurs exemples récents pourraient malheureusement être cités. 
Il n’en demeure pas moins que ceux-ci sont mieux suivis, grâce à une distinction entre le risque de « haut du spectre », confié à la direction générale de la sécurité intérieure, et le risque de « bas du spectre », analysé par le renseignement territorial. De même, la mise en place et la professionnalisation progressive d’un véritable renseignement pénitentiaire résultent de la prise de conscience de la radicalisation en détention – plus de 1 100 détenus de droit commun sont considérés comme radicalisés. La lutte contre le terrorisme a également fait l’objet d’une dizaine de lois depuis 2012, touchant de nombreux domaines, dont le droit des étrangers et la fermeture de lieux de culte. Le financement du terrorisme a aussi été visé. Par ailleurs, face à la massification du contentieux terroriste, tous les acteurs de la chaîne pénale ont été mobilisés afin d’adapter la réponse pénale à la gravité de la menace djihadiste, et la législation pénale a été renforcée. 

Sahara Cohen