La demande est tellement forte que les professionnels du secteur ont leur propre salon à Paris. Parmi la centaine d’exposants, Joséphine Lalande, médium dans le Finistère. Pour sa première participation, elle a loué un mini box, à prix d’or. « 5 mètres carrés. C’est un investissement de 1700 €. Mais, mon but ce n’est pas forcément de rentabiliser mon stand ou de gagner de l’argent, c’est de me faire connaitre et faire des séances. »

 

Chaque année près de 4 millions de Français solliciterait l’aide de voyants, médiums, ou astrologues pour savoir de quoi demain sera faite. Et le marché de la voyance explose : 3 milliards d’euros, plus de 100.000 voyants exerçants et un nombre de consultations par an qui est passé de 8 à 15 millions.

Les pratiques ésotériques ont toujours existé à la périphérie des sociétés. Mais depuis la désertion relative des lieux de culte, on les voit davantage. Beaucoup d’entre nous ont besoin de mettre des mots sur des problèmes, et quand ce n’est pas le psy, ce sont les voyants qui s’en chargent. Ils donnent un sens au malheur des gens et reconstruisent la dramaturgie de leur destin, en la rejouant devant eux, avec une fin heureuse qui redonne de l’espoir.

« Une industrie de la détresse humaine » :

Voilà comment sont qualifiés les escrocs de la voyance par l’Institut national des arts divinatoires (Inad). Car dans le monde de la voyance, il y a les voyants qui ont pignon sur rue, dont les tarifs sont affichés et les prestations clairement définies, et les autres : plateformes internet ou numéros de téléphone en 08, nombre d’arnaques exploitent le filon de la divination.

Pauline de Grandmaison