Aux États-Unis est apparue l’expression de « Retail Apocalypse » : la multiplication des fermetures des magasins physiques, petits commerces de quartier mais aussi grandes enseignes. Les exemples sont nombreux : de la faillite du grand magasin new-yorkais Barneys à la fermeture de magasins à marques pourtant iconiques, comme Victoria’s Secret ou Abercrombie & Fitch.

Pourquoi une telle apocalypse ? Les raisons sont nombreuses à être évoquées : le développement du commerce électronique, toujours en nette augmentation, pèse sans aucun doute lourdement sur la balance. Selon Statista, en 2019, le web a canalisé près de 14% des ventes totales sur le marché américain et en 2021, il devrait atteindre 17,5%. Si le e-commerce s’approprie des ventes qui auraient eu lieu en magasins physiques, il réduit aussi le trafic, le chalant et donc le nombre de personnes entrant (et donc clients).
Mais il y a aussi d’autres éléments, tels que l’expansion pas toujours bien réfléchie du réseau de magasins et le retard dans l’intégration entre le digital et le physique.

Des enseignes qui avaient tout misé sur des flagships ou une présence dans des centres commerciaux régionaux, sans développer une offre web attrayante (généralement encouragée par des frais de port et retour gratuits, une facilité de navigation et d’appropriation du produit, vidéo à l’appui). Cela demande des investissements importants mais nécessaires.

Mais les petits commerces se retrouvent en plus confrontés à d’autres problèmes : hausse des coûts d’exploitation, l’immobilier toujours plus cher, les charges toujours plus importantes, diminution du pouvoir d’achat des consommateurs.

On parle beaucoup de l’approche omnicanale, du phygital, mélange de physique et digitale mais, concrètement, il reste beaucoup à faire. Peu d’enseignes y arrivent réellement.

Anne-sophie lacrox