Lorsque la Révolution éclate, les peintures du nouveau Château de Bogard sont à peine sèches. Fuyant le danger imminent de la Terreur, les La Noüe décident de gagner l’Angleterre. C’est l’Émigration.

A la suite de ce départ, Bogard est saisi en tant que bien d’émigré puis vendu comme « Bien National » à une tante La Noüe agissant comme prête-nom.

L’histoire s’accélère encore : la France devient République. C’est ensuite le Consulat puis l’Empire.

Enfin en 1804, Félicité, veuve de Guillaume-François de La Noüe mort en émigration en 1795, peut regagner Bogard avec sa fille Pauline et son fils Maurice mais … la fête sera courte !

A peine arrivé, Maurice décède encore célibataire et sans descendance : c’est la fin des La Noüe à Bogar.

Pauline, mariée avec Louis-René du Plessis de Grenédan, hérite alors de Bogard, et début mai 1804, donne naissance à un garçon : Ernest.

Mais là encore, le sort s’acharne puisque Pauline meurt en couche le 20 mai 1804 et que quelques années plus tard, Ernest du Plessis de Grenédan meurt à son tour, encore célibataire et sans enfant, laissant Bogard en héritage à son père.

Enfin la vie revient à Bogard lorsque Louis-René de Plessis de Grenédan, veuf et sans enfant, se remarie et fonde pour 150 ans, une nouvelle lignée : du Plessis de Grenédan de Bogar, branche qui va s’engager au service de la commune puisque quatre de ses membres seront maires de Quessoy.

A la fin de la première moitié du XXe siècle, nouveau changement de l’histoire lorsque Gabriel de Plessis meurt et que ses héritiers vendent Bogard.

Ainsi, outre la vente fictive en tant que « Bien National » intervenue à la Révolution, cette vente de Bogard est la première des huit siècles d’histoire du château !

Dès lors, s’ouvre un nouveau chapitre de l’histoire des lieux confiés maintenant à une famille non bretonne mais normande : la famille Capelle, héréditairement sensibilisée au respect apporté à ce type de lieu.

Dans cet esprit Philippe et Antoinette Capelle d’Aclon effectuent des travaux d’aménagement à l’intérieur du château en respectant scrupuleusement l’architecture héritée des siècles précédents.

Une ouverture touristique et économique contemporaine est ensuite développée par leurs fils, Harald et Baudoin, dans les dépendances afin d’accueillir des touristes, des réceptions familiales de type mariages et autres rassemblements gérés par la « Sarl Château de Bogard » tandis que l’association des « Amis du Château de Bogard » prend en charge l’animation culturelle.

Le Château met des chambres en location cet été au grand public et pour plus de renseignements, aller sur le site de  https://www.chateau-de-bogard.com/

Sandrine pignola