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Le défi du Sahel. Par Gérard Vespierre

L’horrible attentat de dimanche au Niger nous rappelle cruellement l’ampleur de la tâche et, l’importance du défi auquel la France doit faire face.

La lente dégradation de cette région, de la Mauritanie au Tchad (6.000km) provient de causes sociales, sécuritaires, et économiques. Les modes de déplacement modernes ont ouvert une société bâtie sur un mode très conservateur. Au début des années 2000 sont venus des salafistes, majoritairement algériens, de retour d’Afghanistan. L’effondrement de l’Etat Islamique, entre Irak et Syrie, a apporté un nouveau flux de djihadistes, dans la mosaïque ethnique et confessionnelle sahélienne.

En parallèle, les états n’ont pu mettre en place des structures, éducatives et économiques.

L’effondrement du Mali début 2013 a conduit les autorités de Bamako à demander l’intervention de la France. Cette dernière fut rapide et efficace. Mais les maux ne peuvent miraculeusement disparaître.

La France, a agi « en pointe », pour des raisons historiques, politiques, mais n’a jamais agi seule. L’appui logistique et renseignement, des Etats-Unis a été essentiel pour nos forces. La Belgique, l’Allemagne, l’Angleterre ont contribué, dans les domaines médicaux et logistiques, si importants, à plus de 5.000km de Paris.

Le défi du Sahel, multinational, fut relevé, dès le départ, par un engagement lui aussi multinational. Paris a tenté de mettre la mission MINUSMA, sous l’autorité des Nations-Unies. Le choix de la France d’organiser un G5 Sahel, a un pendant, celui de de demander à tous les pays, européens, d’organiser leurs contributions.

La vision stratégique est claire. Si les pays occidentaux échouent à stabiliser et à développer cette zone, nous en paierons collectivement le prix. Il s’appellera montée de l’immigration et du djihadisme dans nos propres pays.

La France vient de lancer la force Tokuba, à laquelle les Pays-Bas, le Danemark, la Suède, le Portugal ont déjà décidé d’apporter leur concours, pour entraîner les forces armées locales.

L’Allemagne, a offert au Burkina-Fasso, l’an dernier lors de la visite d’Angela Merkel, une aide au développement de 460 millions d’euros.

La France œuvre avec ses partenaires pour relever le défi sahélien. En parallèle, le Mali et le Niger ne pourront ignorer un nécessaire dialogue politique interne.

(*) Auteur du site www.le-monde-decrypte.com

 

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