Il y a quelque chose de troublant dans l’idée de gagner de l’argent grâce au malheur de quelqu’un d’autre ou d’un secteur. C’est pourtant le b-a.ba de n’importe quel investisseur vendeur « à découvert », qui parie sur la dégradation d’une situation économique, ce que certains critiquent comme étant un un pari sur l’échec, pouvant pousser une entreprise vers la faillite tout en contribuant peu à l’économie. La plupart des investisseurs achètent des actions et des obligations en espérant qu’elles vont prendre de la valeur. Pas les short-sellers.

Le récent coup de Carl Icahn, investisseur milliardaire américain bien connu, a été baptisé le « mall short » dans les cercles financiers. C’est le dernier né de cette longue tradition de short-selling.

Les commerces physiques sont en difficulté depuis des années, coincés entre la croissance des achats en ligne et la popularité des chaînes de magasins discount. Cela comprend les centres commerciaux, qui ont, aux Etats-Unis, été les plus touchés.

Cette année, 16 % des encours du prêt au secteur de la vente au détail sont considérés à risque. De grands noms comme Neiman Marcus ont déposé le bilan et la demande de nouveaux locataires pour les centres commerciaux n’a jamais été aussi faible.

En mars dernier, Carl Icahn a investi dans un fonds de 30 millions de dollars consacré uniquement à la vente à découvert de centres commerciaux. En un mois, l’investissement a été plus que doublé et est maintenant clos. A 83 ans, l’investisseur a encore du flair.

Sahara Cohen