Les chiffres des prévisions de croissance, publiés ces derniers jours par les grands établissements financiers, font froid dans le dos. Les Etats-Unis perdraient 4% de croissance au 1er trimestre et 12% au deuxième trimestre, ce qui les ferait entrer en récession. Le reste de l’année serait plus clément avec un effet rattrapage permettant une croissance du PIB de 5% au troisième trimestre et 8% au dernier trimestre. Ce sont les données de JP Morgan.

Dans le même temps, dans ce pays où le filet de sécurité sociale est si maigre, les inscriptions au chômage se sont comptées la semaine dernière par millions (2,2 millions). Le chômage, après avoir été si bas pendant de longues années, pourrait cette fois si atteindre un maximum jamais atteint, peut-être 30% (multiplié par 10 par rapport au dernier taux).

 

Face à l’épidémie qui se profile aux Etats-Unis et déjà en Europe, des plans de relance sont annoncés. En réalité, pour que la relance fonctionne, elle doit être protéiforme. Les banques centrales facilitent l’accès à la liquidité pour que les Etats se financent à bas taux. Par les relances budgétaires qu’ils annoncent – que ce soit des primes directes aux citoyens, des baisses d’impôts, des paiements de salaires en cas de chômage partiel – les Etats vont s’endetter et pourront émettre à bas taux, grâce aux banques centrales.

Par ailleurs, le dernier levier est sanitaire. Pour éradiquer la crise, il faut éradiquer l’épidémie et pour cela, il faut soit avancer dans le domaine de la recherche, soit stopper l’évolution de la maladie par des mesures sanitaires renforcées.

 

La chute est forte et la récession sera forte. L’incertitude est grande sur les semaines et les mois à venir. Mais les Etats paraissent bien plus rodés qu’il n’y a 90 ans pour faire face à la crise du siècle.

Sahara Cohen