Avec les programmes de rachat d’obligations d’Etat et d’entreprises, les banques centrales ont facilité l’accès au crédit. Acheter des dettes, pour les investisseurs, devient moins risqué puisque ces investisseurs sont quasi certains de pouvoir les revendre, au moins à la banque centrale. On élimine le risque lié aux entreprises, ce qui incite des entreprises qui ne devraient pas à s’endetter et à contracter des « junks bonds », ou des « prêts poubelles. »

 

Les banques centrales deviennent des acheteurs en dernier ressort (par une manipulation d’ailleurs, parce qu’elles n’ont pas le droit d’acheter directement de la dette). Nous sommes donc en train de financer des entreprises qui auraient été, en temps normal, en faillite. Cela permet d’éviter l’aggravation de l’économie, d’éviter l’illiquidité de ces entreprises à court terme et la systémicité de faillites en série, mais ce n’est peut-être qu’une bombe à retardement : on n’est pas sûrs que cela règle le problème de solvabilité de ces entreprises à long terme, le fait qu’elles puissent de nouveau générer des bénéfices un jour. Il est donc toujours possible que ces entreprises fassent défaut un jour ou l’autre. On parle de beaucoup d’entreprises de l’aéronautique, des compagnies aériennes sont en effet concernées. Des secteurs totalement à l’arrêt aujourd’hui.

 

Et que se passerait-il en cas d’annulation des dettes ? C’est-à-dire si elles n’étaient pas rachetées par la banque centrale et qu’on laissait les entreprises faire défaut ? Ce sont les épargnants qui paient le prix. Non les banques. Les retraités, les salariés ayant des plans d’épargne.

Le propre du capitalisme n’est-il pas que les entreprises les plus fortes survivent et que le risque existe.  Entre chômage et ruine, en temps de crise, il faut choisir.

Sahara Cohen