Au pays de Descartes, un tel engouement surprend. Comment expliquer, cependant, que nous voulions voir et toucher avant de croire, comme l’apôtre Thomas ?

À l’heure des nouvelles technologies et d’internet, dans un monde où la science pèse chaque jour davantage sur notre quotidien, l’univers de l’étrange et de l’occulte semble appartenir à un lointain passé. Pourtant, le recours à l’irrationnel et à l’ésotérique est loin d’avoir disparu en France. Bienvenue chez les guérisseurs, les rebouteux, les magnétiseurs, les médiums, les sorciers et les druides. Des femmes et des hommes qui, tout en suivant des chemins différents, témoignent de croyances en un autre monde, où les champs du possible seraient quasiment infinis. Où la nature et les choses ne sont pas inanimées, mais possèdent des capacités particulières et accessibles à ceux qui peuvent ou veulent les sentir.

  • Le monde réel n’est pas sécurisant ;
  • Le matérialisme et la technologie ont leurs limites ;
  • L’homme, y compris l’homme moderne ou postmoderne, est crédule ;
  • Toute opinion en vaut une autre ;
  • L’inexplicable fascine.

L’occultisme dans tous les secteurs professionnels (finance, politique, agriculteur, communication)

Les différentes pratiques liées aux phénomènes paranormaux et au monde surnaturel appartiennent à la grande famille de l’occultisme. Qu’est-ce que l’occultisme ? Le terme vient du latin occultus, qui veut dire caché, secret. Le mot apparaît au 19ème siècle comme un terme technique pour désigner des pratiques liées à des croyances anciennes et qui font appel à d’antiques savoirs cachés. Si le terme est assez récent, il renvoie à une réalité très ancienne. Selon le dictionnaire, l’occultisme « croit à l’existence de réalités suprasensibles qui seraient perceptibles par les méthodes occultes et les pratiques qui s’y rattachent ».
Deux grandes familles se partagent l’appellation « occulte ». La première peut être qualifiée « d’occultisme lourd », dans le sens de noir, de glauque. C’est le cas, entre autres, de la sorcellerie et autres magies visant à nuire, casser, éliminer, détruire. À côté de cela, existe un occultisme plus courant, voire banalisé. C’est l’occultisme du peuple. Il se propose d’aider, de secourir, de guérir, d’apaiser, de redonner confiance. Cette catégorie renferme des centaines de pratiques. Les plus connues ? L’astrologie, l’horoscope, la guérison, le contact avec les esprits, les médecines magiques, etc. Dans l’esprit du grand public, ces pratiques n’ont rien à voir avec l’occultisme. Elles n’ont pas de connotations dangereuses puisqu’il s’agit de « faire du bien », d’aider, de soulager, de guérir. Pourtant, en les examinant de plus près, elles entrent exactement dans la définition de l’occultisme proposée ci-dessus.

La Folie de l’ésotérisme

Magie des signes et des symboles, croyances en une puissance supérieure ? Même battues en brèche par le savoir scientifique, les superstitions (du latin superstare: «se tenir au-dessus») restent vivaces. 56% des Français se disaient convaincus que certains actes avaient automatiquement des conséquences, bonnes ou mauvaises (enquête d’Opinion Wave). Selon un récent sondage mené outre-Manche, plus d’un tiers des Britanniques refuseraient de déménager un vendredi 13 et 47% d’entre eux d’acquérir une maison « hantée »

Adrienne Laarmane