Qu’est-ce que la technologie Crispr ? C’est encore un mot très inconnu, avec une consonance étrangère. C’est pourtant le reflet d’une technologie très avant-gardiste et qui va, à coup sûr, poser des questions éthiques. Elle permettrait, in fine, de sélectionner les gènes humains, et donc d’en garder les meilleurs.

Les techniques pour modifier le génome étaient jusqu’alors très longues, difficiles et couteuses. Mais le complexe moléculaire Crispr-Cas9, pour son nom exact, découverte en 2012, permet de modifier à volonté et très rapidement n’importe quel ADN, avec l’aide du fameux ARN qu’on retrouve aussi dans le vaccin contre la Covid, qui est le messager qui va permettre de guider et couper l’ADN à un endroit donné. Le gène sectionné va alors arrêter de fonctionner. Ce serait une sorte de couteau suisse génétique.

 Ce nouveau procédé ouvre des horizons dans la génétique, mais aussi la biologie, l’agriculture, la chimie… L’espoir le plus important se situe en médecine avec la lutte contre le cancer ou d’autres maladies rares. Le risque, en revanche, c’est celui d’une utilisation à l’excès de ce mécanisme. On appelle ça le bio-hacking. Les essais sur les animaux vont très loin aujourd’hui. Sur des souris Francen tandis qu’en Chine, les chercheurs ont donné naissance à des chiens dotés d’une masse musculaire deux fois plus importante. En 2018, deux bébés modifiés ont même vu le jour, modifiés pour être invulnérables au virus du sida. Le chercheur a fini en prison.

Hélène Samson