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L’OBSESSION ANTI-LIBERALE ET SES CONSEQUENCES

 

 

Faut-il le souligner une fois encore ? La France va très mal économiquement, et ses difficultés économiques ont de multiples conséquences.

Bien qu’elle ne soit pas, au sein de l’Union européenne, le pays où les taux de chômage et de pauvreté sont les plus élevés, elle n’en est pas moins désormais considérée dans le monde anglophone comme « l’homme malade de l’Europe ».

Les mesures minuscules prises par le gouvernement de Manuel Valls sont présentées, en France, comme « social-libérales », expression dépourvue de sens et aux allures d’oxymore, mais ne sont pas même l’ébauche des mutations mises en place par Gerhard Schröder en Allemagne lors de son second mandat de Chancelier (et pourtant Gerhard Schröder était et reste socialiste !).

L’UMP se décompose à vue d’œil et les propos qui en émanent sont eux-mêmes du sous-Schröder, mêlé, au mieux, de quelques pincées de Tony Blair.

Bien que situé par les grands médias à l’extrême droite en raison de son nationalisme crispé, le Front national a un programme économique qui, sous de nombreux angles, ne déplairait pas au Front de gauche.

Ce qui manque désespérément sur l’horizon du pays est un ensemble de propositions à même de permettre un redressement effectif.

Ces propositions existent pourtant, mais elles sont si diabolisées que les évoquer attire sur soi imprécations, invectives et anathèmes.

L’OBSESSION ANTI-LIBERALE ET SES CONSEQUENCES

C’est cette situation tragique qu’évoque, dans son excellent dernier livre, Nicolas Lecaussin, ancien di­recteur de l’Institut Français de Recherche sur les Administrations Publiques (IFRAP), directeur du développement de l’Institut de Recherches Economiques et fiscales (IREF). Le livre s’appelle « L’obsession antilibérale française ». Il s’agit bien d’une obsession, qui atteint un degré tel que les commentateurs français voient du libéralisme partout, alors qu’il n’y en a quasiment nulle part.

La France est le seul pays développé où aucun candidat ayant une chance d’être élu à une élection importante ne se dit explicitement libéral. Elle est le seul pays où tous les candidats en pareille position tiennent à se démarquer du libéralisme, donc de la liberté économique.

Lors des présidentielles de 2012, note Nicolas Lecaussin, tous les candidats « ont fait campagne contre le libéralisme » (qu’ils ont appelé « ultralibéralisme » ou « libéralisme sauvage »), et il risque d’en aller de même en 2017.

La France est le seul pays développé, ajoute Nicolas Lecaussin, où le « mépris pour les chefs d’entreprise » fait qu’ils ne sont quasiment jamais les invités des journaux d’information, et va jusqu’à l’acceptation tacite d’actes très graves comme la séquestration par des syndicalistes agressifs.

La France est un pays où l’ignorance en matière d’économie est entretenue dès l’école (et les exemples que Nicolas Lecaussin relève dans des manuels scolaires sont accablants) jusqu’à l’âge adulte, où les livres d’économie publiés par les grands éditeurs et promus largement sont rédigés par des auteurs dont les thèses sont largement battues en brèche ailleurs : si des livres d’économie ineptes connaissent le succès au Royaume Uni, aux États-Unis, en Allemagne, ils ne sont pas en position de monopole, alors que c’est le cas en France (Nicolas Lecaussin cite les titres qu’il a pu voir sur un étal dans une librairie généraliste et le moins qu’on puisse dire est qu’ils relèvent tous d’un étatisme forcené).

Un redressement est-il possible ? Si oui, il devra, en tout cas, partir de l’analyse lucide de la situation présente. Le livre de Nicolas Lecaussin offre cette analyse lucide. C’est un livre salubre et indispensable.

G.M

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