On le disait fatigué de quatre jours et de quatre nuits de négociations fastidieuses au sommet européen de Bruxelles. Il est apparu, ce 21 juillet, frais comme un gardon sur les écrans de nos télévisions. On le croyait méfiant à l’encontre des interviews en direct. Il s’est montré, ce soir-là sur TF1, en pleine trêve estivale et seulement une semaine après son entretien laborieux du 14 juillet , particulièrement à l’aise, dans une « chorégraphie » pourrait-on dire lumineuse. On racontait qu’il était usé par ces trois années de pouvoir, exercé dans des circonstances de plus en plus pénibles et dangereuses. On l’a retrouvé aussi étincelant que lors de sa campagne foudroyante de 2017. Peut-être est-il libéré d’un Premier ministre qui lui faisait de l’ombre.

En tout état de cause, qu’on se le dise, Jupiter est de retour.

Un Jupiter triomphant. Souvenons-nous : lors de son allocution télévisée, le 14 juin dernier, Emmanuel Macron, devant des millions de Français, avait parié que le plan de relance qu’il avait concocté avec Angela Merkel serait adopté par les Vingt-Sept. Le Président a pris son risque. Un risque réel si l’on se réfère aux quelque 90 heures de négociations du dernier sommet. Il a gagné. On n’aimerait pas l’avoir en face de soi au poker…

 

L’accord entre les Vingt-Sept est le fruit d’un « travail de trois ans entre la France et l’Allemagne », a tenu toutefois à rappeler le Président, évoquant son discours de la Sorbonne du 26 septembre 2017. Quelques mois seulement après son arrivée à l’Elysée, « Macron l’Européen » avait affiché son ambition de bâtir une Europe « souveraine, unie, démocratique ».

 

Il y a tout de fois un hic. QUI VA PAYER pour toutes ces largesses? Dans notre Vallée de larmes, faut-il le rappeler, la manne ne tombe pas du ciel.

Les 40 milliards issus des négociations européennes ne seront financés « ni par notre endettement ni par nos impôts », a promis Macron. « Ce n’est pas le contribuable français qui paiera », a-t-il précisé.

En revanche, l’Union Européenne va « lever un impôt sur les grandes entreprises internationales, parfois européennes, qui aujourd’hui ne sont pas assez sollicitées et qui vont payer progressivement cette dette par la fiscalité européenne que nous allons bâtir », a expliqué le Président. Pour rembourser la dette européenne, l’Europe des 27 prévoit de « créer des taxes sur le numérique », mais aussi mettre en place un « mécanisme européen de taxe carbone aux frontières » pour « éviter une concurrence déloyale ». Il s’agit de projets fiscaux en cours de discussion au sein de l’Union européenne. Là encore, Macron gage l’avenir…

 

Rappelons tout de même ce qu’est l’impôt sur les sociétés, fussent-elles Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft. Ce type d’impôt est une fiction – ce que sait parfaitement d’ailleurs l’ancien énarque hébergé un temps chez Rothschild. Tout simplement parce que les personnes qui paient l’impôt dit sur les sociétés, ce sont non pas les sociétés, mais des individus qui participent à ces sociétés en tant qu’actionnaires, en tant que patrons, en tant que salariés,en tant que fournisseurs, et en tant que clients quand ces derniers sont « captifs », comme c’est le cas pour ceux des GAFAM.

 

Macron, s’il veut retrouver la confiance des Français,  gagnerait à leur dire la vérité aux Français, surtout sur le plan fiscal . Il n’y a pas de repas gratuit, même dans la nouvelle Europe qu’il nous fait miroiter. No free lunch, comme on dit en anglais.