L’ancien Premier ministre socialiste, perdant de la primaire de la gauche en 2016, puis soutien d’Emmanuel Macron et finalement député apparenté LREM de l’Essonne, avait décidé de changer de vie en septembre 2018. Et de tout recommencer dans la capitale catalane qui l’avait vu naître le 13 août 1962. Avec un objectif personnel – se marier avec la riche héritière Susana Gallardo Torrededia – et surtout une visée politique : conquérir la mairie de Barcelone avec le soutien des centristes anti-indépendantistes.

Un an et demi plus tard son retour potentiel dans la politique française est loin d’être exclu …
Dans un entretien au Parisien le 28 février, l’ancien ministre de l’Intérieur assurait que « si mon retour en politique n’est pas à l’ordre du jour, je ne manquerai jamais d’être utile aux Français. Par mon expérience, mes prises de position, mes réflexions ou mes propositions ». Il jugeait aussi « légitime de la part de l’exécutif de vouloir mettre en œuvre » la réforme des retraites, et jugeait « justifiée » et « en aucun cas antidémocratique » l’utilisation du 49.3 face à l’obstruction de l’opposition.
« De passage à Paris ces derniers jours, il a multiplié les échanges avec des responsables de la majorité », révèle Le Monde.

Auprès du Monde vendredi dernier, il insiste. « C’est d’abord le débat politique en France qui me passionne car c’est ma vie », assure-t-il, avant d’affirmer : « Je ne suis pas en exil, je n’ai pas disparu et viens régulièrement à Paris. Je n’ai pas rompu avec cette ville, ni avec la politique française. » Il affirme avoir « des contacts réguliers » et des relations « apaisées » avec Emmanuel Macron, et entretenir de « bonnes relations » avec le président de l’Assemblée Richard Ferrand, le patron du groupe La République en marche (LREM) à l’Assemblée Gilles Le Gendre, ainsi qu’avec plusieurs membres du gouvernement, dont les ex-socialistes Didier Guillaume et Jean-Yves Le Drian; mais aussi Gérald Darmanin ou Jean-Michel Blanquer.
Certains, au sein de l’exécutif, seraient pour intégrer « un profil d’expérience », dont « la parole porte », afin d’incarner « la fermeté » et « contrer la droite et l’extrême droite » avant la présidentielle de 2022. « On manque d’un Valls ou d’un Sarkozy, qui certes clivent, mais au moins impriment une volonté », estime un proche du chef de l’État, tandis qu’un ministre issu du PS juge qu' »il peut apporter ». « Il est solide. Il a l’atout d’avoir une image positive à gauche, en incarnant la social-démocratie, et, à droite, en étant en pointe sur la sécurité et la laïcité », avance de son côté le chef de file des députés MoDem, Patrick Mignola.

Cela signifie-t-il un retour en macronie ? Manuel Valls n’a jamais cessé de proclamer sa «  loyauté envers Emmanuel Macron ». À l’Élysée, selon la formule d’un conseiller du président de la République, on ne nie pas l’existence de ces échanges entre les deux hommes sans en dire plus. Depuis plusieurs semaines, l’hypothèse Valls est le sujet de conversation des conseillers présidentiels avec les pour et les contre.On murmure que Macron verrait en Valls une caution de gauche qui lui fait défaut et un homme d’expérience. « Je n’ai pas disparu et viens régulièrement à Paris. Je n’ai pas rompu avec cette ville, ni avec la politique française », assure l’ancien député de l’Essonne. « Certains parient pour une promotion sur un portefeuille régalien, à la Défense, au Quai d’Orsay ou plus vraisemblablement à l’Intérieur », écrit encore le quotidien.

Après les municipales, si poussée de la droite il y a, un retour de Valls au ministère de l’Intérieur flanqué de Malek Boutih pourrait être le point d’orgue d’un remaniement.  L’ancien député socialiste hériterait d’un secrétariat d’État.

s.delahoussiere